Par où commencer pour écrire un roman

On m’a posé la question et ça m’a donné envie de faire un bilan de ce que j’ai fait jusque-là.

Comme aujourd’hui, je suis à nouveau coincée par toutes sortes de problèmes avec mes personnages, peut-être qu’un bilan m’aidera et pourra servir à quelqu’un qui ne saurait pas du tout par où commencer.

Je vous dis ce que j’ai fait. Il y a mille autres façons de faire, bien sûr.

Lire et commencer à prendre des notes

Ma liseuse

Je me suis remise à lire des romans quand j’ai eu l’idée d’écrire un roman. Parce ce que je trouve que c’est plus pratique et moins cher, je suis passée au 100% numérique avec une liseuse.

Cette liseuse n’a pas changé ma vie mais pas loin, parce que je ne lisais presque plus et depuis qu’elle est là, je lis tous les jours.

Ce qu’il y a de bien avec la lecture, c’est que dès que vous dites à quelqu’un « en ce moment je lis ça », 9 personnes sur 10 vous répondent « tu devrais lire ça aussi » ou « ça me rappelle tel livre » ou « alors, tu devrais aimer tel livre » et  vous vous retrouvez vite avec une liste de lecture pour les dix prochaines années !!

J’ai d’abord choisi quelques livres sans trop me poser de questions. J’avais trois idées (très vagues) pour mon premier roman :

  • fin du monde
  • survival
  • dystopie

Ensuite, quand je me suis rendue compte que j’allais écrire de la science-fiction (c’est venu naturellement, parce que c’est le genre littéraire qui m’est le plus familier, mais je n’y avais pas réfléchi avant de commencer un premier remue-méninges), je me suis focalisée sur ce genre-là et ses codes.

Je pense qu’il faut connaître ou apprendre à connaître les codes du genre auquel on « s’attaque » pour pouvoir en respecter certains (donc respecter les attentes du lecteur) et éventuellement s’éloigner d’autres codes.

Ma liseuse est un Kindle Paperwhite. Je surligne beaucoup, surtout ce que je pense ne pas savoir bien faire. Mais ça, je m’en suis rendue compte quand j’ai commencé à écrire.

Ce que j’essaie notamment d’améliorer via mes lectures et ma prise de notes :

  • Informer le lecteur sur ce que ressent un personnage à partir d’un détail du décor. Par exemple, au lieu d’écrire Il y avait un pot de fleurs fanées sur la table. Les fleurs fanées la faisaient toujours pleurer, il vaudrait mieux que j’écrive quelque chose comme Le pot de fleurs fanées sur la table lui fit monter les larmes aux yeux.
  • Informer le lecteur sur ce que ressent un personnage à partir du point de vue du personnage, pour que le lecteur se sente plus proche du personnage. Par exemple, au lieu d’écrire Le pot de fleurs fanées sur la table lui fit monter les larmes aux yeux, je peux écrire quelque chose du genre Qui avait laissé ces fleurs faner sur la table ? C’était tellement déprimant !
  • Informer le lecteur sur ce que ressent un personnage à partir de ce qu’il fait. Par exemple, si je veux montrer que les fleurs fanées dépriment mon personnage, je peux écrire quelque chose comme A peine entrée dans le salon, elle jeta le pot de fleurs fanées à la poubelle.

Enfin, c’est à peu près ça 🙂

Sachant que j’ai du mal avec ça, j’y fais attention dans les romans que je lis et je surligne ce qui me plaît. Quand je finis un livre, je m’envoie par e-mail tout ce que j’ai souligné.

Je fais alors le point sur les procédés que je peux identifier. Puis je note tout ça dans mon carnet.

Mon carnet

C’est un cahier Oxford à petits carreaux de 17×22 cm et de 160 pages. Le stylo est toujours accroché à la spirale et je les ai toujours sur moi, de jour comme de nuit.

Il y a plusieurs sections que je divise avec des post-it faisant office d’onglets.

Pour le moment, il y a quatre sections dans mon carnet :

  • « next » : ce sont les choses à faire la prochaine fois que j’écris ou réfléchis. Par exemple, aujourd’hui, j’ai écrit « physique X » parce que je dois travailler la description physique d’un personnage, et « refaire la frise chrono » parce que j’ai une frise chronologique pour mieux me repérer (mais des choses ont changé et je n’y vois plus rien à force de raturer partout). Et cette section fonctionne avec mon agenda : je n’ai qu’à écrire « next » dans mon agenda et je vais voir mon carnet et je fais ce qu’il y a de noté dans la section « next ».
  • « le monde » : ce sont toutes les notes relatives à la construction de l’univers du roman. Le lecteur ne saura peut-être pas le quart de tout ce que j’écris dans cette section mais moi, je dois le savoir. Par exemple, dans mon roman, les chiens ont des puces cérébrales qui, parfois, se désactivent et il y a plusieurs niveaux de désactivation. J’ai noté niveau 1, 2, 3 etc., et le comportement des chiens pour chaque niveau, ce qui me permet de rester cohérente quand le sujet doit être abordé. Mais le lecteur ne verra certainement pas tous les niveaux de désactivation des chiens.
  • « révisions » : ce sont les notes que je prends pour le jour où j’aurai tout écrit et qu’il faudra relire. En lisant des livres et des blogs autour de l’écriture d’un roman, je tombe parfois sur le sujet des révisions. Je n’y suis pas encore, mais si je vois un conseil intéressant, au moins je le note dans mon carnet. Et puis je note aussi mes défauts, dont je reparle à la fin de cet article (ceux dont j’ai conscience, en tout cas !).
carnet-liseuse

Mon carnet et ma liseuse.

Construire une intrigue

A un moment donné, l’idée est devenue un projet. C’était lorsque j’ai terminé de construire toute l’intrigue.

C’était vraiment très difficile. Mais j’ai lu plusieurs petits livres qui m’ont beaucoup aidée, notamment un des livres proposés par Fiction University – fabuleux puits de ressources pratiques (mais en anglais).

Quelle prise de tête, pendant environ deux mois, pour établir un plan d’histoire qui tient la route !

Et ensuite, quand j’ai commencé à écrire, plein de choses ont encore changé ! Mais au moins, en connaissant la fin de l’histoire (ou en ayant plusieurs options) et les rebondissements majeurs, je n’écris pas trop de scènes qui finissent à la poubelle.

J’ai planifié trois intrigues complètes avant de construire celle que j’ai décidé d’écrire. Ce faisant, j’ai fait connaissance avec divers personnages et plusieurs sont restés dans la dernière intrigue.

A chaque fois, dans ces histoires très différentes, il y avait au moins un chien + une atroce vérité que l’on cache à la population. C’est resté aussi. Je crois que c’est l’inconscient qui parle.

J’ai enfin réussi à bâtir un schéma narratif en cessant de fonctionner dans l’ordre chronologique des événements. 

J’ai suivi (à peu près) les recommandations du livre Rock Your Plot, de Cathy Yardley.

  • quel est le problème majeur auquel les protagonistes devront faire face ? Il faut : un but à atteindre, une motivation qui permet de se mettre en quête de ce but, une motivation plus personnelle et profonde, et une difficulté qui va empêcher d’atteindre le but (sinon, il n’y a pas d’histoire à raconter). La difficulté ou le « conflit », sur lequel repose toute l’histoire, doit être claire pour le lecteur à un moment donné et pas trop tard, bien entendu : le lecteur connaît le but du ou des protagonistes et pourquoi ils veulent atteindre ce but. La motivation plus intime peut être révélée plus tard. Quant à ce qui les empêchera d’atteindre le but, ceci peut apparaître plus tard également. Mais, dans ce cas, quand le lecteur découvre le but du ou des personnages principaux, il doit au moins avoir une idée de ce qui fera obstacle au but. Ce sont des principes (et non des règles à suivre impérativement) que l’on retrouve dans de nombreux romans contemporains et qui me parlaient personnellement beaucoup ; c’est pourquoi je les suis (en tout cas, dans la construction de l’histoire).
  • quel événement précipite les protagonistes vers le problème majeur : autrement dit, que doit-il se passer pour que les principaux personnages (ou le personnage principal s’il est seul) soient confrontés à la difficulté et obligés de se lancer dans la quête de la résolution (qu’ils y arrivent ou non, finalement). Ceci peut se produire à tout moment, dès la première scène ou un peu plus tard, mais il ne faut pas trop tarder parce que c’est ce qui accroche le lecteur à l’histoire. Cela concerne donc le tout début du roman.
  • que peut-il arriver de pire : comme le conseille C. Yardley, et j’adhère complètement à cette manière d’aborder la construction d’une histoire, à partir du moment où je connais le gros conflit qui sous-tend toute l’intrigue, j’établis ce qui peut arriver de pire à mes protagonistes (on dirait que c’est complètement fichu pour le but qu’ils essaient d’atteindre). Je fais une liste de possibilités pour chercher le pire du pire. Ce moment se situe à quelques chapitres de la fin, logiquement avant ce qu’on appelle le climax ou point culminant.
  • qu’est-ce qui conduit au pire : là, je crois que je ne suis plus les recommandations 🙂 mais j’y arrivais mieux de cette façon. Une fois que je connais le « pire » (par rapport au « but » à atteindre), j’établis ce qui va mener au pire. C’est une suite de scènes où le(s) protagoniste(s) « prennent leur destin en main ». Dans une structure classique en 3 actes, c’est généralement à partir du milieu de l’histoire que le protagoniste arrête de « subir » et commence à « agir », même s’il agit bien avant cela mais les conséquences ne vont pas dans son sens – sinon, il n’y a pas d’histoire.
  • comment ça se termine : avant de continuer à déterminer les rebondissements majeurs, je dois savoir comment ça se termine, au moins dans les grandes lignes. J’établis une ou plusieurs scènes (je résume : début/milieu/fin) où le lecteur peut constater que les choses ont changé (pour le meilleur si je choisis un happy end) et, juste avant, j’établis une ou plusieurs scènes qui montrent comment on a pu en arriver là. C’est ce que l’on appelle le dénouement et je peux commencer à réfléchir à ce point crucial : qu’est-ce qui va permettre aux protagonistes de « passer » du pire au dénouement.
  • comment passer du « pire » au dénouement : (PS : je ne suis plus les recommandations) pour ça, je trouve que c’est vraiment utile de réfléchir en amont. Il faut trouver quelque chose qui permet au(x) héro(s) de se sortir de la pire situation possible pour parvenir au dénouement. Et ce quelque chose, quel qu’il soit, ne doit pas tomber comme un cheveu sur la soupe au dernier moment. Il faut donc faire de la préfiguration. Il faut que le lecteur ait connaissance de ce quelque chose, dès le début ou avant le milieu de l’histoire ou bien plus tard mais pas trop tard… Le lecteur ne peut pas se douter que ce quelque chose permettra le dénouement. Il y a plusieurs techniques pour ça, par exemple, détourner son attention sur d’autres éléments.
  • la dernière grande nouveauté : parce qu’introduire une grande nouveauté (nouveau personnage important, révélation cruciale, etc.) dans la partie menant au dénouement d’une histoire (début du troisième acte dans une structure en 3 actes) gâche généralement la lecture, on peut réfléchir à la dernière opportunité d’ajouter une grande nouveauté, voire un « tournant » ou une découverte capitale. A ce stade, les événements ne peuvent plus être des coïncidences et normalement/logiquement/habituellement, le lecteur peut constater que les personnages ont changé ou suffisamment évolué pour résoudre le problème, surmonter la difficulté, dénouer le conflit… Pour m’aider, j’avais noté : c’est le moment ou presque le moment où les personnages savent comment résoudre le problème et comment faire. Mais la difficulté n’est pas vaincue/surmontée, bien sûr. Elle le sera au dénouement.
  • que doit-il se passer pour mener les protagonistes de « problème majeur » à « qu’est-ce qui conduit au pire »: dans cette partie d’une histoire, les protagonistes font face à la difficulté et ne savent pas comment la résoudre/surmonter. A la fin de cette partie, ils vont commencer à savoir quoi faire mais seront encore loin d’y parvenir. Donc la réflexion porte ici sur la façon dont ils vont être amenés à savoir quoi faire. Qu’est-ce qui doit se passer pour qu’ils finissent par (commencer à) prendre leur destin en main ?

Ce qui donne concrètement avec un exemple (très très simple !!), et cette fois-ci dans l’ordre chronologique :

  1. quel événement précipite les protagonistes vers le problème majeur : une jeune femme que l’on apprend à connaître, au début de l’histoire, est un jour témoin d’une invasion extra-terrestre.
  2. quel est le problème majeur : la jeune femme va chercher à chasser les extra-terrestres de la Terre (but) parce qu’ils tuent tout le monde (motivation) et ils sont très méchants (difficulté) – mais nous lui ajouterons une motivation plus profonde et personnelle, par exemple, toute sa famille a été massacrée sous ses yeux.
  3. que doit-il se passer pour mener les protagonistes de « problème majeur » à « qu’est-ce qui conduit au pire »: la jeune héroïne va rencontrer un groupe de résistants et apprendre à se battre contre les extra-terrestres. Elle découvrira qu’ils ont une faille. Elle va se mettre en quête d’élucider la faille et comment la combattre.
  4. qu’est-ce qui conduit au pire : nous sommes vers le milieu de l’histoire et la jeune femme a appris à se battre contre les extra-terrestres (mais ils sont encore plus forts que les humains). Peut alors commencer la partie de l’histoire la plus truffée d’action. On va peu à peu apprendre (non sans malheurs), qu’il suffit de répandre un produit dans les cours d’eau pour tuer les extra-terrestres.
  5. la dernière grande nouveauté : la jeune femme et ses amis de la résistance trouvent enfin le scientifique capable de créer le produit tueur d’extra-terrestres sans polluer toute la planète.
  6. que peut-il arriver de pire : les extra-terrestres ont un remède pour se soigner après avoir bu de l’eau contaminée (ça a vraiment l’air complètement fichu pour atteindre le but).
  7. comment passer du « pire » au dénouement : la jeune femme avait connaissance, pas loin du début de l’histoire, de quelqu’un qui était entré dans le vaisseau amiral de la flotte des extra-terrestres. Elle trouvait cela stupide et dangereux (d’ailleurs la personne est morte) mais à ce moment de l’histoire, maintenant, elle a besoin d’entrer dans le vaisseau amiral pour détruire ce qui produit l’antidote des extra-terrestres. Nous allons donc insérer cet élément au début (peut-être comme une « anecdote » parmi d’autres) et nous allons réfléchir à la façon dont la jeune femme peut apprendre comment entrer dans le vaisseau amiral.
  8. comment ça se termine : il y aura des scènes très tendues dans le vaisseau amiral, probablement avant le point culminant qui sera un combat et le dénouement sera une ou plusieurs scènes permettant de voir que les extra-terrestres meurent les uns après les autres, sans pouvoir se soigner… et donc ils rentrent chez eux. Bye bye.

Avec une structure de base comme celle-ci, de nombreuses questions se posent.

En se posant les questions nécessaires au développement de l’histoire, on peut faire des listes de possibilités et choisir les directions à prendre.

Il y a beaucoup d’auteurs qui s’en tiennent à peu près là et commencent à écrire, et d’autres qui préfèrent développer un peu, ou beaucoup plus, avant le travail d’écriture.

Lorsque cette structure a porté ses fruits, personnellement, j’ai travaillé deux choses :

  • Le rebondissement final insoupçonné mais pas incohérent. Mes livres et mes films préférés sont ceux dont je n’avais pas vu venir la fin ; j’adore ! Mais le rebondissement de dernière minute ne doit surtout pas tomber comme un cheveu sur la soupe. Il faut que ce soit à la fois « inattendu et cohérent ». Comme quand on se dit « je ne m’y attendais pas » et juste après, ou bien en relisant un livre ou en regardant un film une deuxième fois, on se dit « j’aurais du le voir venir » !! Parce que l’auteur a fait en sorte de ne pas trahir le lecteur. On ne peut pas dire que l’auteur « prévient » mais presque. Parfois même, on se rend compte qu’on avait de quoi voir venir dès le début. Et même, dans certains films, c’est gros comme une maison pendant tout le film mais on ne le voit pas venir ! J’ignore si je vais y arriver mais je veux essayer.
  • L’évolution des personnages. Il vaux mieux choisir une structure, je crois. En 4 parties, en 3 actes, en 7 ou 10 moments-clés, peu importe (il y a pas mal de techniques différentes), et s’y tenir et bâtir son intrigue. Il n’existe pas de règles mais, à mon avis, prenons ce qui se fait déjà pour ne pas partir dans tous les sens. Pour ma part, une fois que j’ai développé toute une intrigue du début à la fin et que ça me paraît tenir debout, j’ajoute des précisions quant à l’évolution des personnages. Parce que si, au début, Tartempion pris dans une spirale infernale ne sait pas quoi faire pour sortir de là et qu’il commence à savoir quoi faire et qu’ensuite, il prend son destin en main, c’est qu’il est forcé de changer intérieurement.

Construire le parcours intérieur des personnages

Pour moi, c’est là que ça devient vraiment fascinant cette aventure d’écriture.

Parce qu’on se rend compte que certains personnages ont ce qu’il faut pour évoluer dans le bon sens (celui de la résolution du conflit) et d’autres pas. J’avais lu d’ailleurs, que c’est ce qui sépare les gentils des méchants, je ne sais plus où.

Le méchant est « celui qui n’a pas été capable de changer » à un moment donné dans sa vie.

Mais rien n’empêche d’avoir un protagoniste incapable de changer et/ou un antagoniste capable de changer.

On peut beaucoup s’amuser à inventer à ses personnages :

  • des qualités
  • des défauts
  • des compétences
  • des connaissances
  • des savoir-faire
  • des relations utiles
  • un passé
  • un fardeau
  • des fantômes du passé
  • un lourd secret
  • un mensonge intérieur (comme le suggère K.M Weiland dans Creating Character Arcs)
  • etc.

Mais il faut choisir, ensuite, ce qui va aider au dénouement ou rendre le dénouement plus difficile.

Et choisir comment toutes ces choses se concrétisent (ou pas). Par exemple, vous ne pouvez pas écrire « elle était courageuse ». Il faut le montrer : qu’est-ce qu' »elle » pourrait faire pour que le lecteur se rende compte qu' »elle » était courageuse ?

Et le plus difficile vient ensuite : vérifier que l’évolution de chaque personnage est liée à l’évolution de l’histoire.

C’est difficile, ça.

Par exemple, si Tartempion ne parvient pas à changer à cause de sa peur de l’eau, le grand moment de l’histoire, où Tartempion va plonger dans une rivière, devrait faire partie de la structure fondamentale de l’intrigue ; disons que plonger dans la rivière lui permet d’atteindre l’autre rive et de sauver Tartempione (parmi mille milliards de possibilités, mais il ne plonge pas parce que, tout à coup, il en a marre : il plonge parce qu’il a évolué).

Pour mon premier roman, j’essaie de suivre certains procédés qui me donnent un cadre.

Je n’en sors pas trop pour l’instant, car c’est très difficile (je l’ai déjà dit, non ? mais c’est vraiment difficile !!) mais j’essaie de me souvenir que je suis libre de sortir du cadre.

Le découpage

Une fois que l’histoire est en place et relativement bien structurée, en ce qui me concerne, je titre les scènes à travers les différentes parties (j’utilise les styles dans Word et je les vois apparaître dans le volet à gauche).

Maintenant je sais qu’au fil de l’écriture, des scènes prévues disparaissent, de nouvelles scènes apparaissent et des scènes changent de place. Mais sachant où je vais, ce qui conduit du point A au point B et ainsi de suite, je n’ai qu’à écrire.

Avant ça, toutefois, j’essaie de regrouper les scènes en chapitres. Et je titre les chapitres pour visualiser ce qui se passe. Rien n’est définitif mais j’obtiens un premier plan.

Le premier jet

Le premier jet n’a pas à être bien écrit. C’est en tout cas un conseil que j’ai choisi de suivre.

A certains endroits, je suis contente car j’ai bien montré ce qui se passe et à d’autres endroits, j’ai une idée et pas le temps ou l’envie de la développer, alors tout à coup j’écris « et il ramasse le sac et il fouille dedans fébrile et il est stupéfié et il tremble en tenant l’objet sorti du sac et là il se met à hurler ».

C’est nul. Je note dans mon carnet, section « next » : « développer la scène où il sort l’objet du sac ».

Pour ce premier jet, il faut écrire, écrire, écrire. J’essaie de le faire :

  • sans trop me préoccuper de faire de belles phrases
  • avec un objectif quotidien : parce que si ça dépend de votre inspiration du jour, de votre humeur ou du temps qu’il fait, vous risquez d’y passer des années – pourquoi pas, mais il y a le risque de se décourager (ma plus grande peur, aujourd’hui, je crois).

Je sais que certains se fixent un nombre de mots ou de pages chaque jour. Pour ma part, c’est x heures chaque jour. C’est variable en fonction de ce que j’ai à faire dans la journée. Parfois, je n’ai qu’une heure et parfois j’ai toute la journée.

Beaucoup d’auteurs indépendants conseillent de ne pas commencer par le premier chapitre. Je trouve effectivement que c’est très dur ; j’y ai passé beaucoup trop de temps. Mais j’en avais besoin (mise à jour juillet 2017 : parce que je n’ai pas suffisamment travaillé sur l’univers de mon roman !!).

Même si ça doit encore changer par la suite, au moins les choses sont plus claires dans ma tête maintenant que le premier chapitre est à peu près établi.

Pour m’organiser, je note ce que je veux faire dans mon agenda. Au début, j’écrivais « roman ». Depuis peu, j’écris plutôt « Chapitre 2, scène 4 ».

Aussi, j’ai un planning (je fonctionne en me mettant la pression). Mais si je ne le tiens pas, je me promets de ne pas en faire un drame (mais je ne tiens pas toujours cette promesse).

J’ai donc :

  • une date approximative de parution
  • x chapitres par mois à écrire
  • des sortes de paliers (pour avoir le temps de repasser sur les chapitres écrits)
  • et des dates approximatives pour la relecture/révision/correction ainsi que pour mes chers bêta-lecteurs.

Mes défauts

Peu de temps après être entrée dans la phase d’écriture, j’ai commencé à repérer ce que je pense être mes défauts. Je les note dans mon carnet à la section « révisions » pour y faire attention quand j’atteindrai cette phase.

Par exemple, il m’apparaît clairement que j’ai un problème avec les descriptions. D’ailleurs, il y en a très peu, donc vous avez un personnage qui fait telle chose et vous suivez toute la scène et il se passe plein de trucs… sauf que vous ne savez absolument rien du décor, ni de l’heure qu’il est, ni du temps qu’il fait et bref, c’est une catastrophe.

Je lis un petit livre sur le sujet (Write Great Fiction – Description & Setting, Ron Rozelle) et j’espère pouvoir m’améliorer.

Parmi les premiers problèmes que j’ai pu constater (paraît-il que cela concerne de nombreux premiers romans – non révisés) :

  • Trop d’événements qui arrivent par hasard : si l’événement qui précipite les protagonistes vers le conflit de l’histoire peut tout à fait se produire à l’insu du plein gré d’un protagoniste, il est généralement préférable que la suite soit une série de conséquences de ses actes (ou des actes d’autrui, et parfois bien sûr, la conséquence d’une scène peut être différente de celle visée par le protagoniste mais, au moins, qu’il en soit responsable d’une façon ou d’une autre même sans le vouloir… tout sauf le hasard, en somme).
  • Ce que les anglo-saxons appellent l’info dumping et je ne trouve pas de traduction à part « l’exposition » mais il me semble que ce n’est qu’un procédé (à éviter) d’exposition (je ne suis pas sûre) : par exemple, le lecteur doit absolument savoir que Tartempion a peur de l’eau parce que son frère s’est noyé quand il avait 6 ans. Il est tentant de caser l’info pour s’en débarrasser : Hors de question que j’entre dans cette piscine ! S’écria Tartempion en s’éloignant. J’ai vu mon frère se noyer dans une piscine quand j’avais 6 ans ! Ou même : Il y avait trente ans que son frère s’était noyé dans une piscine et ce souvenir le hantait. Comme ça, c’est fait !! C’est très tentant aussi d’écrire une scène où Tartempion se souvient du jour où son frère s’est noyé mais ça fait un flash-back, ou un rêve, et a priori, il vaut mieux éviter. Apparemment, dans ce cas, il vaudrait mieux écrire une scène où on voit Tartempion, par exemple, se précipiter au bord d’un bassin pour sauver un petit garçon de 6 ans qui risque de tomber dans l’eau (croit-il, car il n’y a aucun risque) et ainsi, on montre au lieu de direMais bon, on peut aussi laisser le lecteur imaginer ce qu’il veut parfois ! On peut montrer quelque chose et tout porte à croire que Tartempion a peur de l’eau, à cause d’un traumatisme mais on ne saura jamais quoi exactement.

Conclusion

Par où commencer pour écrire un roman ? Je pense que je peux faire le bilan de mon départ de cette façon :

  • je me mets à jour avec les codes du genre et j’essaie de travailler ce que je pense être difficile pour moi, en lisant des romans dans mon genre de prédilection ;
  • je mets en place un système de prise de notes, car à tout moment, nuit et jour, une idée, une scène, n’importe quoi peut vous venir à l’esprit. Un carnet un peu organisé, ou plusieurs carnets pourquoi pas ; il y a tellement de choses à noter.
  • je construis un plan/une structure d’histoire, en me basant sur une structure assez classique pour rester dans le moule de ce qui se fait « en général ». Je ne rentre pas dans les détails ; il y a de nombreuses ressources sur le sujet, mais je suis partie sur une structure en 4 parties.
  • je développe mon histoire en me posant des questions et en listant des réponses possibles.
  • j’essaie de prendre mon temps pour travailler l’évolution des personnages. D’abord, mieux on les connaît, moins c’est difficile. Mais le lecteur n’a pas besoin de tout savoir, bien entendu. Ensuite, je m’y mets avant de trop développer l’histoire pour éviter que mes personnages ne fassent que subir les événements (mise à jour juillet 2017 : je regrette de ne pas avoir plus travaillé sur ce point avant de commencer à écrire).
  • j’essaie de mettre en place un rebondissement inattendu ; ce n’est pas une obligation et c’est très risqué – on peut peaufiner son intrigue de bien d’autres façons.
  • je planifie l’écriture et j’écris tous les jours (ou quasiment).

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