Ecrire un premier roman, quelle galère !

J’atteins bientôt le milieu de mon roman. Un petit bilan de mon expérience s’impose, avant de continuer.

Les personnages ont des problèmes personnels

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Mon héroïne n’est plus qu’une brune aux yeux bleus. Elle a son fardeau comme tout le monde 🙂

C’est pas trop tôt !

J’ai développé mes personnages et le thème de la déception se dégage nettement. Je ne l’ai pas fait intentionnellement – ou peut-être, de façon inconsciente, je n’en sais rien ! Le fait est que nous avons deux personnages importants, chacun déçus par quelqu’un qu’ils admiraient.

Je suis contente parce que ça donne de l’épaisseur aux personnages et à l’intrigue. Mais il y a encore de quoi faire ; pour le moment, dans l’ensemble, la plupart de mes personnages restent relativement creux.

😦

Si c’était à refaire, je commencerais comme le font certains auteurs ; je construirais des personnages d’abord, et progressivement par rapport à eux, leurs problèmes et leurs relations, je construirais la trame de l’histoire.

J’ai fait l’inverse, ce qui peut très bien marcher, mais je le regrette un peu.

De meilleurs retournements de situation pour la fin

J’ai retravaillé mon twist final. Je suis extrêmement contente.

On ne devrait pas voir venir la fin, mais je donne des indices pour que la fin ne soit pas comme « un cheveu sur la soupe ». 

Inattendue mais cohérente.

Je sais bien qu’il y a des lecteurs qui comprennent très vite ou qui disent qu’ils connaissaient la fin dès le début !

Mais j’espère vraiment créer la surprise.

Si je n’écris qu’un roman, c’est une parenthèse

Je voulais juste tenter autre chose que des livres informatifs. Je pense, à présent, que je dois saisir l’opportunité que représente Dogcatcher (que je crois pouvoir terminer), de me diversifier.

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Ce n’est pas un business model performant de ne publier qu’un seul roman ou de publier un deuxième roman un an après le premier.

Je pense qu’il serait sage de partir sur une série.

Plusieurs livres qui peuvent être lus indépendamment les uns des autres mais qui sont liés par le même « monde » et/ou des personnages.

Peut-être à partir du monde dans lequel je suis actuellement plongée ou un autre.

Ceci pour pouvoir publier régulièrement et je devrais alors commencer sans tarder.

Car vous le savez peut-être, un auteur indépendant aujourd’hui, s’il veut une toute petite chance de vendre ses livres (s’il est un auteur « entrepreneur »), il lui faut en sortir au moins deux ou trois par an (parmi un milliard d’autres choses à faire).

J’ai fait beaucoup de sacrifices et cette année, je m’étais promis que j’en ferais moins. Je n’ai donc pas encore pris de décision.

Je sais que si je ne publie qu’un roman, ce sera une petite folie, une parenthèse.

Si je publie un deuxième roman, un an après le premier (et si jamais ce roman intéresse quelques personnes), ça va retomber comme un soufflet.

Pour avoir étudié le sujet, expérimenté plusieurs choses, commis de nombreuses bourdes au fil des ans et pris de mauvaises décisions, je le sais.

J’ai aussi un autre projet de livre informatif. Je ne peux pas tout faire. Il faut que je me décide.

Sacrifice ou bonne gestion du temps ?

54767018 - vintage antique pocket watch on the background of old booksL’autre jour, je regardais des interviews d’auteurs sur une chaîne YouTube consacrée au marketing pour les auteurs indépendants.

Je me demandais comment certains font pour écrire des trilogies en 3 mois (?), 6 livres par an ou 2 séries littéraires en même temps (!!).

Pour répondre à ma question, quelqu’un m’a dit : c’est simple, de nombreux romans d’auteurs indépendants sont mauvais !!

Ce qui m’a donné le bourdon – mais moins que cet article. Et puis j’en ai trouvé d’autres, en anglais et en français, et je suis d’accord avec ceux qui disent qu’il faut du temps pour un résultat correct. 

Il faut du temps.

Oui, je le sais et je n’ai pas envie de pondre des manuscrits vite fait mal fait. Autant ne rien faire.

Moi, bêtement, je pensais que j’avais une gestion du temps en béton armé, mais il se trouve que je fais surtout beaucoup de sacrifices.

Je suis attirée par l’idée de publier plus régulièrement de nouveaux livres mais je ne veux pas vivre l’écriture comme un sacrifice. Certains y laissent leur santé. J’y ai un peu laissé la mienne, déjà, avec le peu que j’ai fait.

Il n’y a pas de baguette magique. Les auteurs super prolifiques ont de multiples astuces pour produire plus et plus vite.

Par exemple :

  • écrire à plusieurs
  • écrire des romans plus courts
  • utiliser une même trame de base d’un roman à l’autre
  • dupliquer des personnages d’un roman à l’autre
  • ne plus revenir sur la trame de l’histoire une fois qu’on a commencé à écrire (je n’y arrive pas)
  • déléguer certaines tâches à d’autres personnes
  • faire de nombreux sacrifices

Mais je me dis, si ces auteurs prolifiques durement critiqués parfois, ont des lecteurs qui reviennent et reviennent, c’est que quelque part, ils répondent à des attentes – alors ce n’est pas Jane Eyre ou Les Misérables, ok, mais ça doit bien se laisser lire.

Je n’ai pas envie de produire de la quantité. Il faut que je trouve une espèce de formule pour ne pas publier un livre trop longtemps après un autre, sans aller toutefois trop vite et sans faire trop de sacrifices…

Pff…

Je mets un frein aux conseils d’écriture

J’ai eu besoin de lire des conseils sur « comment écrire un roman », donc j’en ai lu et ce, tous les jours pendant des mois.

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Je suis convaincue, surtout par les cours d’écriture créative de Brandon Sanderson, que je dévore sur Youtube, qu’il faut faire ce qui semble fonctionner – si l’on écrit un roman avec le projet de le vendre – comme l’auteur-professeur l’évoque si bien.

Je pense avoir compris que pour faire bon usage de toutes ces recommandations que l’on trouve partout, il ne faut pas oublier que ce ne sont pas des règles (surtout ne pas l’oublier !!) mais juste des observations de ce qui semble fonctionner de nos jours, selon ce qui fait recette.

Je pense que faire soi-même ses propres observations en lisant des romans – surtout dans le genre qui nous concerne – est tout aussi instructif, voire plus.

Un roman que l’on aime, ou un roman qu’une majorité de gens qualifie de « bon », est un ensemble unique de procédés, techniques, éléments de style, etc. C’est un univers unique décrit par la voix unique de quelqu’un qui a fait des choix personnels uniques.

A l’époque (qui ne date pas d’hier) où j’étudiais des grands classiques, on étudiait un auteur, son monde, son style, ses symboles, ses thèmes, sa vie…

Tout cela formait un grand tout et avait du sens.

Et je crois que je commence à faire une overdose de conseils d’écriture parce qu’ils sont sortis de tout contexte ou trop basés sur les habitudes de l’auteur qui donne les conseils.

(en revanche, si vous écrivez vous aussi, et que vous lisez l’anglais, je vous conseille de vous abonner à la newsletter de cet auteur (de romans d’amour) qui donne de bons conseils en expliquant bien pourquoi, avec des exemples la plupart du temps et avec beaucoup d’humanité et d’humilité)

A moi de rendre crédible la technologie impossible

J’étais tellement contente de voir que Sanderson parle de Crichton dans un de ses cours et du roman que je suis en train de terminer !

Pour son roman en cours de création, une étudiante demande comment faire croire à une technologie impossible, et le prof lui conseille de voir comment procède Michael Crichton 🙂

Car c’est un auteur de science-fiction bien connu pour nous faire gober des choses totalement démentes (en l’état actuel des connaissances scientifiques).

Il le fait brillamment dans Prisonniers du temps, bien que ce soit un peu long à mon goût, se basant sur des connaissances bien réelles pour bifurquer dans l’univers de l’irréel.

Moi, je ne me sens pas capable d’effectuer le travail de recherche nécessaire pour faire ça, mais j’ai fait des recherches tout de même, sur les implants ou puces cérébrales et j’ai trouvé un grand spécialiste, et même pionnier dans ce domaine – je voulais le contacter mais je n’ai pas osé !

Bref, ce chercheur a réussi à faire un truc (je ne peux pas en parler sinon « spoiler » !) et ceci ressemble aux prémices de la technologie que j’ai fabriquée pour mon roman. J’avais cette peur que cela paraisse complètement ridicule et en fait, ce sera certainement possible un jour !!!

Si je continue de tout bien mettre en place, le lecteur pourrait ne pas sourciller, je l’espère en tout cas, comme je n’ai pas sourcillé en lisant Prisonniers du temps – et pourtant, sa technologie est vraiment loufoque, « pire » encore que la possibilité d’un Jurassic Park, je trouve.

Suppressions, disparitions et restructuration

Ayant presque avancé jusqu’au cœur de l’histoire, le premier chapitre n’avait plus de raison d’être.

Il contenait une bonne dizaine de pages avec des informations cruciales pour le lecteur. Finalement, je retrouve ces informations disséminées tout au long des scènes, du chapitre 2 au chapitre que je suis actuellement en train d’écrire.

Elles se présentent sous des formes tellement plus naturelles qu’un discours de politicien.

J’ai progressé sur ce difficile, douloureux et tracassant problème (comment le lecteur peut-il se faire une idée claire d’une société qui sort tout droit de mon imagination) à force d’écrire.

Je n’ai plus besoin de subterfuge – insérer un cours d’histoire, une visite guidée, un enfant qui pose des questions, un documentaire 🙂 Un gros progrès pour moi. Ce n’est pas brillant, mais mieux qu’au début.

Du coup, j’ai décidé de me débarrasser de Guilmor Vanek.

Pouvoir aux femmes

L’ex-mari de mon héroïne se présentait aux élections pour devenir Grand Administrateur. Il faisait un discours que j’avais pas mal travaillé. Le discours permettait au lecteur de comprendre la situation mondiale.

Mon héroïne avait été rétrogradée par son employeur, d’un poste important à un poste subalterne, à cause de son ex-mari (et il devait jouer un rôle dans la résolution de l’histoire).

Raison numéro 1 pour laquelle Guilmor n’apparaît plus du tout : perdre son poste à cause de son ex-mari qui se présente aux élections faisait de Lynitt une victime des actes d’un homme. Elle subissait les conséquences de son ambition.

J’ai trouvé ça limite sexiste !

47255832 - businesswoman wearing red cape and opening her shirt like superheroParfois, je n’y prête pas attention et parfois, des choses me choquent dans les livres, les films et ce que disent les gens.

Tout à coup, à cause d’un détail, on se rend compte à quel point les femmes sont encore, aujourd’hui, considérées comme des êtres de second plan ou moins capables.

J’ai toujours besoin que Lynitt Vanek ait perdu son poste. J’ai maintenant besoin que ce soit en raison d’une erreur de sa part. Cette erreur montre (normalement) un aspect de sa personnalité.

Changement de planning

J’avais structuré la trame du roman en 20 chapitres. L’intrigue s’est affinée de jour en jour. En retravaillant à partir de la fin, j’ai constaté qu’il y avait deux chapitres en trop.

J’ai pu modifier mon planning. Je vais essayer de terminer l’écriture premier jet fin juin, et je me laisserai tout l’été pour faire mes révisions. Il y aura de quoi faire, je pense.

Je compte envoyer les premiers chapitres aux volontaires courant mai. Jusque-là, je n’ai rien fait lire à personne !

Il sera bientôt temps d’obtenir des avis.

Je ne sais pas ce que ça vaut. Certains jours, je me dis que c’est bien et que ça pourrait être vraiment bien, et d’autres jours, je me dis que c’est nul et que ça va être vraiment nul !!

Mais pour continuer d’écrire, il faut faire taire cette petite voix.

Une réflexion sur “Ecrire un premier roman, quelle galère !

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