Comment améliorer son roman

La semaine 2/7 de révision de mon roman s’achève et les grosses manipulations sont terminées.

Je n’utilise pas le terme de « correction » car pour moi, corriger représente la toute dernière étape, qui concerne l’orthographe, le style, la typographie, etc. Je préfère utiliser le mot « révision » (comme pour une voiture) : on fait un diagnostic et on rectifie les problèmes.

Cette deuxième semaine a été plus productive et plus satisfaisante que la première.

mes-notes
Une partie de mes notes et outils de prise de notes 🙂

Il est utile de lister les problèmes possibles

Une façon de réviser un roman consiste à prendre le temps de lister tous les problèmes potentiels par « catégories ».

La semaine dernière, j’avais commencé la liste ci-dessous.

  • Les faiblesses ou incohérences ou « trous », etc. de l’histoire (structure de l’intrigue) : à régler en tout premier lieu, à mon avis. C’est ce que j’ai fait la semaine dernière.
  • Les moments-clés de l’intrigue : le début, les rebondissements ou tournants majeurs, le milieu, la fin, le twist final s’il y en a un et les grands moments qui révèlent qui sont vraiment les personnages ou qui montrent une facette cruciale de leur motivation à agir comme ils agissent.
  • La prévisibilité des événements : vérifier que le lecteur ne voit pas venir les événements ; parfois c’est utile, mais trop de prévisibilité gâche bien sûr le plaisir de lire un roman.
  • Le découpage des scènes et celui des chapitres. Est-ce que les scènes et les chapitres commencent et se terminent au bon moment ? Est-ce qu’à la fin d’une scène, on a envie de lire la suivante ? Idem pour un chapitre. Et vérifier aussi la longueur des scènes et des chapitres pour éviter de trop grands déséquilibres.
  • Les faiblesses ou incohérences au niveau des personnages : dans leurs qualités et défauts, dans leurs histoires personnelles et aussi, dans leurs relations avec les uns et les autres. C’est ce que j’ai fait cette semaine, principalement.
  • L’évolution des personnages entre le début du roman et la fin. Qui change ? Qui ne change pas ou juste un peu ? En positif ou négatif ? Quand ? Comment cela se traduit-il concrètement ? J’ai commencé cette semaine et j’espère terminer la semaine prochaine.
  • L’enjeu pour les personnages : selon le genre du roman et ce qu’on a envie de raconter, on peut se pencher sur le manque de tension, de suspense ou de mystère, et voir si l’enjeu prend de l’ampleur, si les difficultés ne sont pas redondantes, répétitives ou sans évolution.
  • Les histoires secondaires :  il est rare aujourd’hui, de lire un roman contemporain sans intrigue secondaire ; on peut en développer une ou plusieurs. Il faut vérifier que cette ou ces petites histoires parallèles à la grande histoire, évoluent et trouvent aussi leur résolution.
  • Les personnages secondaires : on travaille beaucoup son protagoniste, ou ses personnages principaux, et s’il y a des personnages secondaires, ils peuvent avoir été laissés de côté et n’être que des « pantins », sans âme, sans personnalité, sans motivation, juste présents parce qu’ils vous rendent service à un moment donné, pour l’histoire.
  • Le ou les points de vue narratif : évidemment si une scène est racontée du point de vue de Pierre, il ne faut pas que tout à coup, le lecteur entre dans la tête de Paul. J’avais prêté une extrême attention aux points de vue de narration avant de commencer à écrire parce qu’il y en a plusieurs. Malgré tout, j’avais eu de la réécriture à faire pour changer le point de vue d’un chapitre ou deux ; ça ne collait pas dans l’intrigue.
  • Les émotions des personnages : il faut trouver le moyen de les faire passer sans écrire « Robert était triste » ou « Robert avait peur » ; on peut le faire sans s’étaler ou bien en entrant dans les détails, selon le genre du roman et/ou ce qu’on a envie de faire ; en tout cas, si les personnages n’ont pas d’émotions, ils ne sont que des marionnettes.
  • Les dialogues : au moins vérifier que les personnages ne parlent pas tous de la même façon et vérifier que les dialogues ne soient pas inutiles.

La semaine prochaine, je proposerai d’autres points de révision qui, cette fois-ci, peuvent être contrôlés par des bêta-lecteurs.

J’ajoute que j’ai fait une liste de mes faiblesses, dès que j’ai commencé à écrire et celle-ci m’a également été utile, tout au long du premier jet et cette semaine encore. Par exemple, les « réflexions intérieures » et les descriptions de lieux étaient difficiles pour moi. Donc j’ai repris tout ce qui me donne du fil à retordre pour voir si c’est mieux maintenant.

Avec une ou plusieurs listes, on peut planifier les révisions de son manuscrit sur x semaines ou mois.

Je procède différemment. Je planifie la semaine suivante quand j’en ai marre 🙂 C’est à dire que je décide qu’il est temps d’arrêter et là, je liste ce que je n’ai pas terminé et ce que je peux travailler de nouveau.

Il est utile de résumer son roman scène par scène

J’ai suivi le conseil de faire une « carte » de mon roman (conseil trouvé dans le livre de J. Hardy). Il s’agit de lister les chapitres et toutes les scènes. Entre mon plan du début et mon histoire aujourd’hui, 6 mois ont passé et il y a eu beaucoup de modifications et même pas mal de grands changements, surtout après le milieu de l’histoire.

Faire cette carte permet de résumer scène par scène ce qui se passe (pour ma part, je le fais en une phrase pour chaque personnage qui apparaît dans la scène) et de repérer d’éventuels problèmes de structure de l’intrigue.

Cela m’a pris un jour et demi.

Je n’ai pas suivi toutes les recommandations à ce sujet, mais ça fait déjà une feuille de route très utile pour les révisions (mais en fait, ça fait 10 pages). Elle peut servir pour d’autres problèmes aussi.

Par exemple, cette feuille de route m’a permis de revoir le timing de mon histoire (c’est le matin, le soir, combien de jours ont passé… ?) et donc vérifier s’il n’y a pas d’erreurs à ce niveau-là – par ex. : je n’ai pas précisé que c’est le lendemain matin, il est minuit et on voit comme en plein jour 🙂 etc.

Il est utile de retracer l’évolution de ses personnages

Pour réviser ou corriger son roman, on peut créer le même type de récapitulatif ou « carte » de repérage pour l’évolution personnelle de ses personnages.

J’avais essayé de le faire en juin. J’arrivais aux derniers chapitres et j’avais des soucis à ce niveau-là.

Cette fois-ci, sur conseil de J. Hardy, j’ai noté les moments-clés dans le roman pour chaque protagoniste et contrôlé pourquoi ils agissent comme ils agissent. J’ai repris chaque personnage et retracé son parcours personnel du début à la fin. Cela ne concerne pas « ce qu’ils font » ou « ce qui leur arrive » mais vraiment la façon dont ils changent et à quels moments on voit qu’ils évoluent.

Est-ce qu’on voit clairement ce qui a provoqué ce changement, si c’est un changement, ou ce qui les rend comme ils sont, si un acte ou un choix est en lien avec l’histoire personnelle/le fardeau/le passé/le lourd secret etc. d’un personnage ? 

C’est ce fameux point très délicat que je regrette de ne pas avoir bossé plus en construisant mon histoire, au début de l’année, et on ne m’y reprendra plus.

Alors, cette « carte » qui présente l’évolution de mes personnages, qu’elle soit légère ou flagrante, positive ou négative, je ne l’ai faite que dans les grandes lignes mais elle me sera utile pour la suite.

On peut tout à fait écrire une histoire intéressante sans que le « héro » ou « tous les personnages importants » aient beaucoup changé, du moment qu’ils provoquent du changement dans leur vie, la vie de quelqu’un d’autre, le monde dans lequel ils vivent… (on peut voir aussi qu’un personnage évolue via sa relation avec un autre personnage ou plusieurs).

Mais il faut pouvoir palper une forme ou une autre d’évolution pour éviter que ses personnages ne soient que des pantins.

Je suis sûre que mes personnages ont gagné en réalisme et cohérence, mais il me reste toute une page de notes, pour la semaine prochaine, concernant des soucis au niveau de la proactivité de deux personnages. Ils ont toujours trop l’air de se laisser porter par l’histoire au lieu de la faire avancer.

Bilan de mes révisions après deux semaines

  • Je suis enfin satisfaite de la fin. Il ne me reste qu’à « peaufiner » le dernier chapitre.
  • Il n’y a plus aucune scène à écrire ou réécrire.
  • Je ne trouve plus aucun des personnages principaux insipide et l’un d’eux est devenu imbuvable comme je voulais qu’il le soit depuis janvier, mais sans jamais y parvenir peu importe ce que j’essayais. C’est un grand soulagement d’avoir enfin trouvé comment faire.
  • Il n’y a plus de problème de structure, dans l’intrigue et dans le découpage.
  • Il n’y a plus de passages bâclés parce qu’un personnage m’intéresse moins ou que j’ai la flemme ou autre raison.
  • Les émotions passent mieux mais il y a des passages à retravailler.
  • Les relations sont plus compréhensibles mais il y a deux relations à peaufiner.
  • Les motivations de deux personnages restent trop floues.
  • L’évolution de la relation entre deux de mes personnages reste trop discrète mais je ne sais pas encore si c’est mieux comme ça ou s’il faut le retravailler.
  • La relation de mon héroïne avec son chien laisse encore à désirer. Elle est importante pour moi, pour mon intrigue, pour elle et pour lui 🙂 Ainsi, je vais me prendre une journée complète pour ne faire que ça (ma feuille de route me sera très utile parce que je n’aurai pas à chercher les scènes concernées).

Je pense que le travail de révision de mon manuscrit est moins pénible, depuis hier, parce que je me penche sur des problèmes connus.

Le petit livre que j’ai parcouru sans entrer dans les détails (je m’y suis prise trop tard) m’a aidée à mettre un peu d’ordre dans tout ce bazar. Je ne cherche plus les problèmes ; je sais ce que j’ai à faire – en revanche, il m’arrive de repérer des problèmes que je n’avais pas vus et j’ai hâte qu’arrive le moment où je n’en vois plus de nouveaux !

Egalement, le « gros chantier » est terminé et je me penche maintenant sur des problèmes, disons plus subtils.

Dans mon agenda, il y a les tâches les plus importantes à faire. Et sur des post-it, derrière mon ordinateur, les « petits trucs » qui ne vont pas, avec le numéro du chapitre ou des chapitres et/ou des scènes.

Quand je vois ce mur de post-it, je me dis que c’est encore loin d’être satisfaisant. Mais je suis moins stressée, étant presque certaine de finir à la date que je me suis fixée.

Voilà, et pas de Dogcatcher aujourd’hui, car il est important d’en sortir au moins un jour par semaine, pour mieux y revenir !!

 

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