30 façons de rendre le personnage principal de son roman attachant

Pour qu’une histoire fonctionne, le lecteur d’un roman doit se préoccuper du sort du personnage principal. Il doit vouloir découvrir ce qui va lui arriver.

Je suis en train d’améliorer ce point crucial dans mon premier roman. J’ai fait une liste de procédés dont j’ai entendu parler, que j’ai pu observer ou que j’ai essayé de mettre en oeuvre.

1- Une relation qui rend le personnage altruiste

C’est une suggestion lue dans Superstructure de James Scott Bell. Il appelle ça « care package ».

Quand l’histoire commence, le personnage principal entretient déjà une relation avec un autre personnage, ou plusieurs, et le lecteur peut constater que le « héros » ne se préoccupe pas que de lui-même.

Parmi les exemples fournis dans le livre, il y a le père malade, le frère handicapé… mais aussi Luke Skywalker qui ne veut pas partir avec Obi-Wan Kenobi, bien qu’il en ait envie, parce qu’il doit aider son oncle et sa tante à la ferme.

Il y a une infinité de possibilités.

Tout le monde a (au moins) une personne dans sa vie dont il/elle se soucie. C’est pourquoi je pense que c’est un bon « truc », quel que soit le genre du roman.

James Scott Bell précise qu’avec ce procédé, il est tout à fait possible de rendre un criminel attachant !

2- Des caractéristiques similaires au lecteur ciblé

J’ai lu et entendu maintes fois ce conseil, qui s’adresse aux auteurs ayant une certaine connaissance du « profil type » de leurs futurs lecteurs.

Quand le lecteur ciblé est un adolescent, on a tout intérêt à développer un héros adolescent. Si le lecteur ciblé est une femme, il peut être judicieux de développer un protagoniste féminin, et si la tranche d’âge à laquelle le roman s’adresse est 20/30 ans, l’héroïne aura la vingtaine.

Logique. Maintenant, en tant que lectrice d’un certain âge qui commence par 4 et finit par 0, je peux m’attacher à des personnages beaucoup plus jeunes ou plus âgés que moi, des femmes comme des hommes. D’autres éléments entrent en ligne de compte, bien sûr.

3- Un sens de l’humour qui en dit long

Offrir le sens de l’humour au protagoniste de son roman ne permet pas au lecteur de s’attacher au personnage. En revanche, si ce sens de l’humour est une façon de dissimuler un problème, cela peut toucher émotionnellement un lecteur.

C’est ce que j’ai essayé de faire pour un des personnages de mon premier roman, mais hum… je dois retravailler ce point un peu raté !

Pour que ça fonctionne, il me semble que le lecteur doit suspecter assez tôt dans le roman qu’il y a anguille sous roche.

Exemples qui me viennent à l’esprit (il y a sûrement d’autres possibilités) :

  • le clown triste : (attention de ne pas trop en faire…) personnage souvent drôle mais qui, intérieurement, est en souffrance.
  • le cynique : personnage négatif, à tendance blessante / immorale, qui utilise l’humour comme une carapace.
  • l’autodérision : qui trahit probablement une faible estime de soi.

4- Le personnage qui n’est pas comme ceux qui l’entourent

Pour créer rapidement du capital sympathie, ce que l’on voit dans de nombreux romans et films, c’est ce protagoniste qui est entouré de personnages qui ne se posent pas de questions, n’ont pas de cœur, s’en fichent ou ne sont pas très sympathiques, etc.

Et le protagoniste est différent, par un acte qui est le plus souvent anodin mais fort de sens.

Par exemple, dans une dystopie où le peuple est asservi, nous avons ce personnage qui brise une petite règle dès le début du roman. Autres exemples : le seul membre d’une famille qui n’a pas suivi le chemin tout tracé, le seul membre d’un comité qui vote « non » (le « oui » ferait du mal à des gens), la seule personne de la foule qui va aider quelqu’un en difficulté, etc.

Pas d’acte d’héroïsme, sauf pour Superman, mais un acte qui montre sa différence.

5-  Le personnage incompétent qui essaie quand même

Pour reprendre les 3 critères de Brandon Sanderson, servant à développer des personnages de roman (capital sympathie, compétences, pro-activité), on peut créer un personnage attachant en lui prodiguant les caractéristiques suivantes :

  1. un manque plus ou moins flagrant/important de compétences qui s’avèrent pourtant nécessaires à sa quête, quelle qu’elle soit – par ex. le naufragé sur une île déserte qui ne sait ni pêcher, ni chasser, ni faire du feu, etc.
  2. une bonne dose de proactivité néanmoins : c’est ce qui va le rendre attachant ; il n’est « pas doué » mais il se donne du mal.
  3. plus ou moins de capital sympathie : je pense que plus le personnage est incompétent, plus il lui faut un capital sympathie, mais enfin les conséquences de son incompétence peuvent sûrement le rendre sympathique…

Voir un personnage « galérer » pour y arriver le rend souvent attachant !

6- Le personnage dont le lecteur est le seul à déceler les qualités

J’essaie de travailler là-dessus pour un personnage de mon deuxième roman. Pour faire bref, tout le monde « le prend pour un bouffon » alors qu’il eut fallu l’écouter 🙂

C’est le type de personnage qui a un potentiel pour le dénouement de l’histoire, dès le début de l’histoire, mais les autres personnages ne le perçoivent pas du tout.

Cela peut changer subitement (au début du deuxième acte d’une structure en trois actes, j’imagine, ou bien au milieu), ou progressivement pourquoi pas.

7- Le personnage ordinaire à qui il arrive quelque chose d’extraordinaire

Apparemment, il est plutôt conseillé de ne pas trop tarder pour introduire l’extraordinaire dans ce cas. Ou utiliser un autre procédé, pour créer rapidement de l’attachement si le personnage est vraiment très ordinaire.

Par ex. avec un « bon père de famille, bon citoyen, employé modèle… » qui devra « sauver le monde », on montrera dès la première scène (de sa vie ordinaire), un élément pour s’attacher (comme les trucs n°1, 3, 5, 6, 10 de cette liste).

Le lecteur peut s’identifier. S’il s’identifie, il peut rester dans l’histoire quand l’événement le plus invraisemblable va se produire. Et avec ces personnages ordinaires, on se demande vraiment ce qu’on ferait à leur place !

8- La blessure intérieure

Comme il s’agit ici de montrer que le protagoniste souffre d’une blessure intérieure due à un événement qui ne figure pas dans l’histoire du roman (parce que ça c’est passé avant que l’histoire commence), il faut « le caser » quelque part, et vers le début.

Par ex. :

  • le personnage voit quelqu’un qui lui rappelle… son enfance malheureuse, son erreur de jeunesse, son divorce douloureux, etc.
  • un personnage lui pose une question et la révélation (ou une partie) est alors inévitable (ou bien il ment, ou préfère esquiver la question, etc. et on devine qu’il y a un souci)
  • le caser dans une phrase descriptive ; c’est ce que j’ai essayé de faire pour la protagoniste de mon premier roman dans les dernières modifications : « À l’heure où les somnifères l’avaient d’ordinaire plongée dans un paisible sommeil, blah blah » = au lieu de dire qu’il est x heures, je révèle qu’elle prend des somnifères pour dormir. Tiens, en l’écrivant ici je trouve ça mauvais. Enfin, bref, c’était juste pour donner un exemple rapidement.

Je trouve toujours ça difficile, mais il y a beaucoup de façons de procéder afin d’éviter de le dévoiler maladroitement, ce qui ferait sortir le lecteur de sa lecture.

Aussi, une phrase suffit parfois. Le lecteur peut suspecter qu’il y a une blessure concernant tel aspect de la vie du personnage ; on clarifie plus tard.

9- La petite faiblesse qui paraît justifiée

Je vais prendre l’exemple de Robert Neville (Je suis une légende, Richard Matheson) qui se saoule au whisky au début du roman, jusqu’à se lever le lendemain avec la gueule de bois. On se dit qu’il est fou de faire ça, avec tous ces vampires qui traînent dehors. Et puis, rapidement, ça fait de la peine ; ça le rend tellement humain !

10- Le détail qui passe inaperçu mais qui va s’ancrer profondément dans l’inconscient du lecteur

Il peut y avoir plusieurs détails qui passent inaperçus, mais un seul peut suffire. Par exemple, dans la première scène de la vie ordinaire d’un personnage ordinaire, disons que celui-ci lave sa voiture et qu’on fait connaissance avec sa famille dans le jardin et la dynamique familiale, etc.

Une ou deux phrase(s) / une ou deux réplique(s) de dialogue peuvent suffire à rendre ce personnage attachant, de suite :

  • un seul geste : il jette l’éponge, s’essuie les mains et lace les chaussures de son fils qui avait ses lacets défaits – ça fait plus d’un geste, mais vous voyez l’idée 🙂
  • un seul choix : il fait attention de ne pas utiliser trop d’eau car il n’aime pas gaspiller les ressources naturelles
  • un seul échange : il demande à son épouse si elle a besoin de la voiture avant d’aller la laver
  • etc.

11- La peur commune

« Commune » dans le sens où un large panel de lecteurs est susceptible de s’attacher, voire de s’identifier, au personnage.

Pas mal de personnes sont dans le même cas que lui ou connaissent quelqu’un dans ce cas. C’est une peur qui va être familière à un grand nombre de gens, contrairement aux peurs insolites.

Exemples :

  • la peur de l’échec
  • la peur de déplaire
  • la peur de voir ses enfants ne pas s’en sortir dans la vie
  • la peur de manquer d’argent
  • la peur de perdre son travail
  • la peur de ne pas trouver de travail
  • etc.

Une peur « commune » peut être accessoire/anecdotique, ou revêtir beaucoup d’importance par rapport à la vie du personnage et avoir des conséquences importantes sur l’histoire. On peut l’utiliser de multiples manières.

Si on connaît le lecteur qu’on voudrait cibler, s’il y a une tranche d’âge assez spécifique par exemple, alors autant miser sur une peur propre à cette tranche d’âge.

12- Le sentiment universel (qui fait maaaaal)

Il existe des sentiments humains qui traversent les époques et les frontières. Des sentiments qui font mal. Tout le monde a connu ou connaît quelqu’un qui a éprouvé le sentiment : il y a des chances que ça fasse écho chez le lecteur.

Quelques exemples :

  • la jalousie
  • la frustration
  • le sentiment d’infériorité
  • la culpabilité
  • le manque de confiance en soi
  • le regret
  • la déception
  • etc.

13- Le métier qui en dit en long

Parfois, en choisissant la profession du personnage principal de son roman, même si ça apparaît de façon anecdotique et que ses compétences ne seront pas nécessaires à son parcours, on a déjà dit beaucoup de choses. Technique classique, mais toujours très utilisée il me semble, au cinéma aussi.

Pour créer de l’attachement, on peut mentionner :

  • Les métiers tournés vers les autres : pompier, infirmière, assistant social…
  • Les métiers qu’on a traditionnellement plutôt tendance à admirer ou respecter : médecin, avocat, enseignant…
  • Les métiers dangereux : policier, militaire…
  • Les métiers très durs : mineur, ouvrier…

14- Le refus de mal se comporter

Le personnage principal d’un roman peut être attachant dès les premières pages en faisant un choix anecdotique (cela ne prend que quelques lignes) mais fort en symbole : le refus de mal agir.

Il ou elle est dans une situation où il ou elle pourrait mal se comporter (parce que ce serait plus simple, plus facile, mieux pour lui, etc.)  mais il ou elle ne le fait pas.

Exemples :

  • ne pas dire à quelqu’un qu’il dit une bêtise pour ne pas le mettre mal à l’aise
  • rester poli alors que beaucoup de gens ne le seraient pas
  • dire oui pour faire plaisir
  • prétendre être intéressé pour ne pas vexer
  • mentir juste pour ne pas être blessant
  • etc.

15- Une valeur morale

Il y a des romans où les choses sont claires et nettes dès les premières scènes : le personnage principal a de nobles valeurs morales ! On le voit à travers ses actes, ses relations aux autres, etc.

Il ou elle peut (pas tout à la fois, hein…) :

  • détester que l’on fasse du mal aux enfants
  • détester mentir
  • ne pas supporter l’injustice
  • détester la violence
  • se sentir concerné par la misère
  • faire passer le bien-être de ses proches avant le sien
  • être bouleversé par le malheur d’autrui
  • être peu attaché aux choses matérielles
  • etc.

16- Le personnage rejeté

J’ai vaguement essayé, pour un personnage de mon deuxième roman, mais je ne sais pas si je vais rester dans cette voie. Je trouve que c’est difficile de ne pas tomber dans la pitié. Mon idée était de créer un personnage rejeté par les autres, mais pas non plus pathétique.

Exemples :

  • le mouton noir de la famille
  • le voisin que tout le quartier évite
  • l’écolier, collégien, lycéen que les autres ignorent
  • le salarié qui déjeune tout seul tandis que ses collègues mangent ensemble
  • le personnage qui est toujours le dernier à être au courant de tout
  • le personnage auquel personne ne demande de participer à l’effort collectif
  • etc.

17- Le personnage maltraité

Pourquoi y aller avec le dos de la cuillère quand on peut y aller avec ses gros sabots ?

Personnellement, j’ai souvent un peu de mal avec les héros maltraités dès le début de l’histoire mais bien sûr, il y a des romans où c’est tellement bien fait qu’on s’attache de suite.

Maltraitance physique, psychologique ou les deux.

18- Un petit truc frais

C’est un goût, un penchant, un centre d’intérêt, une occupation, un loisir ou encore une habitude, qui va plutôt émouvoir, attendrir, faire sourire.

Je pense que si le personnage est globalement « sombre », si c’est un antihéros de type assassin, ou s’il vit dans un monde « sombre » (rien ne prête à sourire ou s’attendrir), un petit truc frais fait son effet.

Exemples :

  • il ou elle collectionne les ours en peluche
  • il ou elle a un chat
  • il ou elle adore s’occuper de son jardin
  • il ou elle aime marcher sur la plage et regarder la mer
  • il ou elle aime sentir les fleurs
  • il ou elle s’applique à faire de bons gâteaux
  • il ou elle laisse à manger sur sa terrasse pour les moineaux
  • etc.

Les exemples qui me viennent à l’esprit sont relatifs à la nature, aux animaux ou à l’enfance, mais il y a sûrement d’autres types de « trucs frais » à méditer.

Ce n’est pas forcément « décalé », mais plutôt surprenant pour le lecteur.

Attention de ne pas faire d’un « truc frais » un « truc glauque » ou gnangnan 🙂

19- L’injustice

Un personnage de roman peut être attachant quand il vit une situation injuste. Les exemples auxquels j’ai pensé :

  • souffrir d’une maladie
  • se tuer à la tâche et gagner une misère
  • donner de soi pour quelqu’un et n’avoir aucune reconnaissance
  • être puni pour quelque chose qu’on n’a pas fait
  • etc.

20- Le personnage endeuillé

Je ne le fais pas exprès car la quatrième de couverture ne l’indique pas, mais ça fait plusieurs fois que j’achète un roman où le personnage principal est endeuillé par la mort d’un proche.

Du coup, j’en ai marre. Mais fondamentalement, c’est quand même un super procédé pour créer de l’attachement.

21- Le héros est le seul personnage auquel on peut s’attacher

C’est un procédé extrêmement courant qui rend le protagoniste d’un roman attachant, soit dès les premières pages s’il est déjà dans une situation désastreuse, soit plus tard quand le désastre se produit.

Différent du truc n°4 parce que, cette fois-ci, le héros n’a quasiment rien à faire pour être attachant.

C’est simple : le personnage principal est entouré de personnages auxquels il est impossible de s’attacher.

Parce que, par exemple :

  • il est le seul humain parmi les extraterrestres
  • il est la seule personne un tant soit peu « normale » au milieu de gens qui ont perdu la tête, perdu leur humanité, etc.
  • il est de la même culture que le lecteur et voyage dans un pays où la culture est très différente

22- Mais pourquoi il / elle fait ça ?

Si on donne trop d’informations, on fait sortir le lecteur de l’histoire et ça ressemble à une biographie au lieu d’un roman, et si on ne distille pas assez d’informations, le lecteur peut ne pas s’attacher.

C’est difficile.  Mais si un lecteur se demande « pourquoi ? » à propos d’une chose que fait le personnage principal dans les premières pages, il lit la suite (ne pas oublier de révéler pourquoi à un moment donné !).

Quand bien même ce n’est pas vital de le savoir ou palpitant ou trépidant, ça peut fonctionner.

  • mais pourquoi ne porte-t-il jamais de chaussettes ?
  • mais pourquoi ne prend-t-il jamais aucun ascenseur ?
  • mais pourquoi laisse-t-il toujours la lumière allumée dans une pièce de sa maison ?
  • mais pourquoi va-t-il chaque matin regarder le premier train passer ?
  • mais pourquoi a-t-il peur quand il pleut ?
  • etc.

23- Une compétence (peu banale)

Il s’agit de réfléchir à un savoir-faire ou bien un savoir (connaissance), qui va s’avérer utile au personnage. Généralement, dans les romans et les films, quand le héros a une compétence utile, c’est une compétence plutôt enviable.

C’est ce qui va le rendre attachant. Nous parlons donc de compétences rares ou inhabituelles.

Ceci nécessite de faire des recherches, à moins d’être soi-même compétent dans le domaine concerné ou de faire vérifier son manuscrit par quelqu’un qui maîtrise le savoir-faire en question ou les connaissances.

24- L’erreur de jeunesse

Je parlais d’affubler son personnage principal d’une blessure intérieure au truc n°8, et je donnais l’exemple de l’erreur de jeunesse.

J’aime bien cette idée parce qu’elle permet de partir sur un grand nombre de possibilités intéressantes et parce qu’elle empêche le héros d’être tout lisse et tout parfait (donc irréaliste).

Il y a aussi plusieurs possibilités de traitement de cette erreur ; le personnage peut :

  • porter ça comme un fardeau : ça a encore des conséquences sur sa vie
  • avoir fait table rase du passé et ça lui saute à la figure malgré lui
  • vouloir se racheter et c’est qui va le faire passer à l’action (dans le bon sens, donc)
  • etc.

Sans oublier la possibilité d’inventer une erreur qui a été :

  • commise en toute conscience
  • commise sans le vouloir
  • commise parce que ça aidait quelqu’un à l’époque
  • etc.

25- Le meilleur ami / la meilleure amie

Le meilleur ou la meilleure ami(e) du personnage principal représente une bonne opportunité, dans plusieurs genres littéraires, de dévoiler un peu mieux qui est le personnage principal mais aussi de le rendre attachant.

Possibilités :

  • le simple fait d’être amis malgré un obstacle (ex. : la distance, la différence culturelle, d’âge, etc.)
  • ce que le personnage est prêt à faire pour son ami(e)
  • comment le personnage remonte le moral à son ami(e) qui en a besoin
  • un vieux secret qui les unit
  • etc.

26- Le point faible ou le défaut inattendu

Le lecteur attend certaines qualités d’un personnage. Peut-être en raison du genre littéraire. Peut-être en raison de ce qui est annoncé dans la quatrième de couverture. Ou parce qu’il est dit, au début de l’histoire, que celle-ci se déroula à tel endroit, que le héros exerce tel métier, etc.

Et le personnage possède les qualités attendues, sauf qu’il a aussi un défaut ou un point faible et ça promet d’être intéressant.

C’est un procédé très courant ; je donne quelques exemples simples :

  • le personnage qui ne peut plus ou ne pourra bientôt plus exercer son métier (pompier qui a peur du feu, prof qui ne supporte plus les élèves, etc.)
  • le personnage qui est, de toute évidence, physiquement incapable de faire face à ce qui l’attend (il est sur un bateau pour des semaines et il a le mal de mer, il y a de nombreuses personnes blessées à sauver et il s’évanouit à la vue du sang, etc.)
  • le personnage qui est supposé avoir de hautes valeurs morales et il s’avère que non… (comme l’avocat qui gagne un procès et qui, en rentrant chez lui, fait quelque chose de moche)

27- La situation difficile qui parle à tout le monde ou presque

Ceci dépend sans doute de l’époque à laquelle on vit, de la société, du lecteur que l’on souhaiterait cibler également. Il existe toutefois des situations difficiles qui sont susceptibles de créer des émotions chez un grand nombre de personnes.

Même s’il est possible de s’en passer, on peut dramatiser la situation pour faire ressortir du personnage, ce que l’on voudrait mettre en avant.

Je pense à des difficultés banales, par exemple :

  • ne pas trouver l’endroit où l’on doit se rendre (même avec le GPS) – mais dans un roman, il fait bientôt nuit et c’est en rase campagne…
  • s’apercevoir que le dessert a brûlé quand les invités arrivent – mais dans un roman, c’est le soir où le personnage a prévu de faire sa demande en mariage…
  • chercher son chat qui n’est pas rentré, alors qu’il rentre tous les soirs – mais dans un roman, une terrible tempête se lève…

L’idée : c’est dans les difficultés que les personnages se révèlent le mieux ; seulement comme on est au début du roman, on ne va pas faire quelque chose de trop grand, trop fort, trop transcendant !

28- Le mariage qui bat de l’aile

C’est un cliché dans certains romans, mais il y a de bons et de mauvais clichés. Des lecteurs peuvent attendre certains clichés et même être déçus s’ils ne les trouvent pas.

Sincèrement, si je lis un roman policier dont le héros est un policier qui bosse comme un fou pour mener l’enquête, je serais déçue de ne pas apprendre que son mariage bat de l’aile 🙂

Plus généralement, un personnage peut être rendu attachant avec cette difficulté qui parle à tout le monde ou presque. Ce qui est intéressant à creuser, c’est pourquoi. Bien sûr, il y a de nombreuses autres raisons imaginables à côté du boulot accaparant.

29- Le problème personnel qui parle à tout le monde ou presque

On va essayer de trouver une qualité ou un trait de caractère qui peut rendre un personnage attachant parce que c’est une caractéristique plutôt enviée de nos jours et dans notre société (et d’autres sociétés aussi, bien souvent).

Si vous faites un tour des magazines féminins, des vidéos « lifestyle » sur Youtube ou des sites de psychologie/bien-être, vous allez remarquer qu’a priori, « les gens » sont en quête de certaines choses qui semblent difficiles à obtenir.

Des sujets abordés extrêmement souvent doivent forcément concerner pas mal de monde. Si le personnage principal d’un roman connaît ce problème personnel, il y a des chances pour qu’il soit plus attachant.

Quelques exemples :

  • souffrir du regard des autres
  • se laisser démotiver trop facilement
  • ne pas réussir à vivre le moment présent
  • remettre les choses à plus tard
  • ne pas avoir de temps pour soi
  • se sentir obligé de réussir dans tous les domaines
  • etc.

30- La « faiblesse » qui poserait problème à n’importe qui, mais pas au personnage

J’adore ce procédé.

C’est quand un personnage possède un défaut, une faiblesse, un handicap, un point faible, disons une caractéristique qui est plutôt vue comme « négative » par la société ; le lecteur a d’abord de la peine, de la compassion (voire de la pitié), avant de découvrir que le personnage se sert de son défaut, handicap ou point faible à son avantage.

C’est encore plus fort, je trouve, quand le personnage en question se sert de ça d’une façon pas très morale.

En tant que lecteur de roman ou spectateur de film, on s’est « fait avoir » mais d’une façon plutôt sympa, car il s’avère que le personnage a une grande force mentale.

Là, tout de suite, je pense à Tatie Danielle, mais il y aurait plein d’exemples à rechercher, en littérature comme au cinéma.

***

Sur ce, je retourne à mon roman, en espérant que ces idées vous donnent d’autres idées, si comme moi, vous écrivez un roman et que rendre votre personnage principal attachant est un combat de tous les jours 🙂

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