3 façons de rendre son roman plus réaliste

A côtés des corrections que je fais sur mon roman, ce mois-ci, d’après les remarques et commentaires de mes bêta-lectrices, j’essaie de rendre le tout plus réaliste.  De ce côté-là, il y avait vraiment d’énormes lacunes (il n’y a pas que de ce côté-là, d’ailleurs) !

Voici ce qui m’aide le plus à apporter du réalisme.

1- Ajouter de l’introspection

Je sais que des auteurs ont le problème inverse. Ils écrivent des pages d’introspection et doivent se résoudre à en enlever, quand ils procèdent à l’édition / la révision de leur manuscrit. Dans mon roman, ou plutôt la version de la bêta-lecture, il y avait très peu d’introspection.

Il y a plusieurs raisons pour lesquelles mes bêta-lectrices n’ont pas toujours compris où je voulais en venir dans ce roman, notamment pourquoi tel personnage se comporte de telle façon. L’une de ces raisons, c’est le manque d’introspection.

On ne sait pas ce que le personnage pense.

Par exemple, prenez un personnage triste. Il est assis sur une chaise et fixe le sol du regard. Tout à coup, il se lève et s’écrie « Mais c’est formidable ! ».

Entre le moment où il regarde fixement le sol d’un air triste et le moment où il se lève, tout joyeux, il y a eu une réflexion dans sa tête. Si l’histoire ne précise pas ce qui s’est passé intérieurement, le lecteur ne peut pas le savoir. Le personnage peut paraître perturbé. Alors que ce n’est pas du tout le but de l’auteur. Ou le lecteur peut avoir l’impression d’avoir manqué quelque chose. Et là il sort de l’histoire.

J’avais commencé à sentir ce manque d’introspection dans mon roman en lisant plusieurs romans, mais surtout en lisant Silo (Hugh Howey) qui comporte de nombreux passages d’introspection. C’est tellement bien imbriqué dans l’histoire que ça ne m’a pas rebutée (sauf rares exceptions). D’habitude, je peux vite faire une overdose d’introspection dans les romans.

Avec Silo, je me suis fait la réflexion que ces passages où on découvre les pensées des personnages ne sont pas nécessairement dénués d’action. Ils ne sont pas une pause dans l’histoire. Ils font avancer l’histoire. 

J’avais une vision un peu négative de l’introspection et ça m’a empêchée de bien développer les pensées de mes personnages.

En faisant l’effort d’écrire des passages introspectifs, je me suis rendue compte qu’on peut faire plein de choses différentes pour ses personnages, par exemple :

  • il ou elle se souvient
  • il ou elle mène une réflexion logique pour essayer de comprendre quelque chose
  • il ou elle se projette dans l’avenir
  • il ou elle essaie de garder son calme
  • il ou elle essaie de se raisonner
  • il ou elle se ment à lui/elle-même
  • il ou elle essaie de se motiver
  • etc.

Je n’ai pas terminé de réécrire tout ce que je veux réécrire. J’en suis au chapitre 14 sur 19. J’espère ne pas me tromper, mais je crois que les personnages sont plus compréhensibles grâce à leurs moments d’introspection. Et ça les rend plus crédibles, plus réalistes.

2- Nommer précisément les choses

Ce n’est pas la peine de le faire partout ou systématiquement, je crois, mais préférer des mots précis à des mots plus généralistes aide à rendre un texte plus réaliste.

La première fois que j’y ai pensé, c’était il y a quelques mois. J’écrivais qu’un camion en dépassait un autre. Dans ma tête, c’était très clair : je voyais un pick-up dépasser une semi-remorque.

Mais je n’écrivais que « camion ». Ou véhicule. Ou engin. Il y en avait un plus rapide que l’autre, mais c’est tout.

Quand j’ai nommé précisément les véhicules, ça changeait tout ! J’ai su que le lecteur verrait aussi un pick-up dépasser une semi-remorque !!

Ce mois-ci, je fais des « remplacements » ici et là ; je remplace ventre par estomac, arbre par sapin ou encore, insecte par moustique. Je fais juste ça dans une phrase, sans ajouter d’adjectif, d’adverbe ou quoi que ce soit, et ça apporte tellement plus de réalisme à ce qui est en train de se passer.

3- Ne pas oublier les détails les plus simples relatifs aux lieux

Je ne m’explique pas comment j’ai pu écrire tout un roman qui se passe à la campagne sans qu’on voie une seule mouche voler.

C’est la campagne du futur certes mais la campagne sans une mouche, même sur une autre planète, ce n’est pas la campagne.

Enfin, si, je me l’explique peut-être.

Quand on est plongé dans l’écriture d’une scène, qu’on doit gérer de nombreux éléments, ce que fait/font le(s) personnage(s), ce qui se dit, ce qui est pensé, ce qui est ressenti, ce qu’ils sont supposés faire par rapport à la scène précédente et comment ça devrait se finir pour enchaîner sur la scène suivante, et tant d’autres détails, on peut oublier les détails les plus élémentaires.

J’ai fait fort à de nombreux endroits.

Quand deux de mes personnages passent la nuit dans une forêt, on n’entend pas une chouette ou une branche qui craque… Pas de poussière ou de toile d’araignée dans une cabane à moitié abandonnée… Maintenant, il y a tout ça et ça sent aussi le bois humide, yeah 🙂

Parfois, les détails les plus simples sont des évidences mais il faut les écrire quand même. Aussi, le fait qu’un personnage prête attention à certains détails peut permettre de mieux le connaître.

Maintenant, en marchant entre des champs de vaches, un de mes personnages chasse des mouches. Ce n’est pas grand-chose, mais c’est un petit détail de la réalité qu’on s’attend à trouver près d’un champ de vaches.

Des lecteurs peuvent ne pas relever l’absence de ce genre de détails. J’étais surprise qu’aucune de mes bêta-lectrices ne relève, par exemple, l’absence de mouches (ou autres choses typiques de la campagne). Et puis après, je me suis dit qu’il n’y avait que moi pour les informer de ça.

C’était à moi de voir des mouches et d’écrire qu’il y avait des mouches !!

Oui, un lecteur va peut-être imaginer des mouches voler, dans sa tête. Mais si je ne l’écris pas, un autre lecteur ne les imaginera pas et pour lui ou elle, ma campagne paraîtra fade, moins réaliste.

Par ailleurs, l’absence de certains détails a bien posé problème à des bêta-lectrices, notamment : ne plus savoir où se passe une scène ou plusieurs, ne pas se rendre compte qu’on a changé d’endroit.

 

 

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