30 questions pour créer un personnage de roman

Il est impossible d’envisager tout ce qui constitue un être humain, mais on peut inventer un être humain de façon assez précise pour un roman (ou un être venu d’ailleurs ou un être presque humain, etc.). Ces questions peuvent servir à réfléchir au héros, aux personnages principaux, aux personnages secondaires, aux antagonistes d’un roman.

Selon les auteurs, les personnages de romans sont travaillés avant ou pendant la planification d’une histoire, ou plutôt dessinés dans les grandes lignes, et puis les profils se précisent au fil de l’écriture. Il n’y a pas de règles en la matière et un premier roman permet de voir comment on fonctionne.

Si des questions vous inspirent, vous pouvez les utiliser tout en réfléchissant à une histoire, avant d’y réfléchir trop, tout en structurant une histoire ou après l’avoir structurée, ou au fil de l’écriture.

Personnellement, je n’arrive pas à faire un portrait très élaboré d’un personnage tant que je n’ai pas commencé à écrire. J’ai besoin de savoir ce que les personnages font faire exactement pour mieux voir qui ils sont. Je complète donc mon questionnaire au fur et à mesure du premier jet (premier brouillon).

Ensuite, je peux vérifier si un personnage est cohérent tout du long. Par exemple, si je détermine que Jack n’est pas agile, je ne peux pas tout à coup faire courir Jack sur le toit d’un train en marche. Ce travail en amont de l’écriture peut éviter d’avoir trop de passages ou de scènes écrites pour rien, parce qu’on oublie ce genre de « détails ».

Parce qu’on brise ses propres règles.

Je pense que c’est plus sûr de réfléchir, disons un minimum à qui est qui, qui va faire quoi et pourquoi, pendant qu’on réfléchit (un minimum) à ce qui va se passer.

Le principal est de conserver (et mettre à jour en cas de changements) les données quelque part pour ne pas se mélanger les pinceaux, surtout si on passe des mois ou des années sur un roman. Il est possible que la moitié (au moins) de ce travail en amont ne figure pas dans le roman au final. Le but est de rester cohérent, de ne pas se tromper sur un détail qui ferait sortir le lecteur de l’histoire.

PS : pour ma part, je travaille tout ça sur Scrivener et aussi dans un cahier.

34295798 - dark fantasy sorceress woman, composite photo

Toi… Je vais t’inventer une biographie !

1- Quel sera le rôle du personnage ?

Quand je commence à réfléchir à un personnage, je sais quel sera son rôle dans l’histoire. Je le note quand même, parce qu’au début, il y a beaucoup d’éléments nouveaux à ancrer dans ma tête.

Il s’agit juste de déterminer si on travaille sur :

  • le « héros » ou personnage principal
  • un personnage important ou « protagoniste aux côtés du héros »
  • un personnage secondaire, régulier, occasionnel ou faisant une seule apparition
  • un antagoniste
  • un personnage aidant l’antagoniste

2- Est-il ordinaire ou extraordinaire ?

C’est un point de départ possible pour lancer la réflexion sur son personnage principal.

Globalement, il y a trois grands types de héros :

  • l’homme ou la femme ordinaire (=qu’on pourrait rencontrer dans la vraie vie)
  • l’homme ou la femme hors du commun (avec des qualité(s) peu nuancée(s) comme un grand courage exceptionnel, un don, des pouvoirs…)
  • l’antihéros (exemple au cinéma : Tony Montana dans Scarface)

3- Qu’est-ce que je dois savoir de l’identité du personnage ?

C’est une série de questions pour brosser un portrait de base.

Bien sûr, vous n’avez peut-être pas besoin de tout ce qu’il y a là, et peut-être que certains points méritent d’être développés (par exemple, « niveau de vie » pourrait ne pas vous suffire et il faudrait préciser le salaire).

  • Sexe :
  • Prénom :
  • Surnom(s) le cas échéant + quel(s) personnage(s) le surnomme(nt) ainsi :
  • Nom de famille (s’il sera connu du lecteur ou pour avoir un repère) :
  • Nature des liens avec l’autre/les autres personnage(s) (ex : voisin, père, sœur, ami d’enfance…) :
  • Qualité des liens avec les autres personnages au début de l’histoire : pour commencer, j’écris juste « bonne », « mauvaise » ou « ne se connaissent pas » et ça se précise plus tard.
  • Age :
  • Année de naissance (au moins pour avoir un repère chronologique si j’ai besoin d’une frise chronologique) :
  • Lieu de naissance :
  • Profession / activité :
  • Niveau de vie :
  • Milieu social d’origine :
  • Niveau d’éducation :
  • Où vit le personnage :
  • Avec qui vit le personnage :
  • Façon de parler : pour commencer, j’imagine juste si le personnage s’exprime normalement, plutôt de façon soutenue ou familière.
  • Caractéristiques de langage : ceci vient quand je commence à écrire, voire au moment des révisions – c’est pour éviter, dans les dialogues, que tous les personnages parlent trop de la même façon. Je note ce qui les distingue.
  • Savoir-faire pratiques : selon l’histoire, je peux avoir besoin qu’un personnage sache faire quelque chose (ex. : allumer un feu sans briquet, conduire un camion, réparer un ordinateur…)
  • Champs de compétence (voir point n°4)

Si j’arrive à remplir tout ça, je tiens un petit profil de base. Pour moi, les deux derniers points sont vraiment cruciaux dans mes histoires (science-fiction), mais il me semble que c’est toujours relativement important.

4- Quelle est sa principale compétence ?

Brandon Sanderson, dans l’un de ses cours d’écriture créative (que l’on trouve légalement sur YouTube), propose trois critères pour commencer à travailler sur un personnage principal, avec une sorte d’échelle d’évaluation (personnellement, je note de 1 à 5). Le premier critère est la compétence.

J’avais trouvé ça intéressant l’année dernière. Je l’ai conservé pour mon deuxième roman.

Classiquement, le personnage principal d’un roman possède une compétence atypique, enviable ou admirable mais surtout, utile pour le but qu’il doit atteindre. Toutefois, il n’est pas rare de trouver des personnages principaux incompétents : ils n’ont pas la compétence nécessaire à atteindre leur but.

Sa compétence va donc aider le personnage à avancer vers le dénouement et son incompétence va lui compliquer la tâche.

Pour bien réfléchir aux compétences de ses personnages, je pense qu’il faut avoir une idée du premier moment clé de l’histoire (fin de l’acte 1 d’une structure en 3 actes : on connaît le but, les motivations et la grosse difficulté qui sous-tend toute l’histoire).

Ne pas oublier de déterminer d’où vient la compétence (études, expérience, transmission par un parent, etc.). Ce qui permet de mieux profiler le personnage au passage !

Je différencie le savoir-faire pratique de la compétence, que j’appelle par ailleurs « champs de compétence ». Par exemple, un personnage est capable d‘allumer un feu sans briquet (savoir-faire) et s’y connaît en matière de mécanique automobile (champ de compétence).

Et ensuite j’attribue une évaluation de 1 à 5. Ce qui permet de comparer éventuellement avec un autre personnage.

5- Quel est son capital sympathie ?

(2e critère de B. Sanderson). En général, le personnage principal d’un roman possède un bon capital sympathie. Ici je propose 30 trucs pour créer de la sympathie et rendre un personnage attachant.

Cela peut être toutes sortes de choses et cela apparaît logiquement dans le début du roman (premier acte d’une structure en 3 actes). Il arrive que le personnage principal d’un roman ait un faible capital sympathie (antihéros). Dans ce cas, il faut trouver quelque chose qui accroche quand même le lecteur, au départ de l’histoire.

Même cette pourriture de Tony Montana a de bons côtés (il est au moins attaché à sa famille).

Il y a toujours un petit quelque chose, chez les protagonistes sombres, aux actes répréhensibles ou à la psychologie tordue, qui fait que le lecteur va s’attacher. Même principe pour un gros capital sympathie : les héros très sympathiques ont toujours au moins un défaut, une faiblesse (les personnes parfaites n’existent pas).

6- Est-il pro-actif ?

(3e et dernier critère de B. Sanderson). Il s’agit d’aller de l’avant, prendre des décisions, faire des choix qui ont des conséquences sur l’histoire. La pro-activité se concrétise d’innombrables façons différentes. Foncer dans la bagarre contre les méchants ou inscrire son fils à des cours de soutien scolaire, c’est être pro-actif.

En général, le héros ou l’héroïne d’une histoire est un personnage relativement proactif à partir du deuxième acte (d’une structure en 3 acte) dans le sens où il commence à réagir à ce qui lui arrive (bien qu’il ne sache pas quoi faire ni comment ou cela ne donne rien).  Les conséquences de leurs actes, choix ou décisions, sont fréquemment plutôt négatives au début de l’histoire et de moins en moins au fil de l’histoire. Mais il y a des protagonistes très pro-actifs dès le début d’une histoire.

Il existe des héros qui ne sont que peu proactifs, mais ils le sont toujours un minimum (sinon ils resteraient dans leur canapé).

Avec les critères de Sanderson, nous pouvons donc dessiner, par exemple, un personnage :

  • hautement compétent (5/5), moyennement sympathique (3/5), extrêmement proactif (5/5)
  • peu compétent (2/5), extrêmement sympathique (5/5), moyennement proactif (3/5)
  • quasiment incompétent (1/5), pas tellement sympathique (2/5), extrêmement proactif (5/5)
  • etc.
15264597 - portrait of a male model in the dark

Compétent 4/5, sympathique 3/5, pro-actif 5/5 ?

7- A-t-il l’esprit d’équipe ?

Il me semble que ce point de réflexion est important dans une histoire où des personnages vont devoir s’allier ou coopérer.

  • Faut-il un personnage qui préférer la jouer solo ?
  • Vaut-il mieux que tout le monde coopère ?
  • Un personnage (ou plusieurs) va-t-il œuvrer au but dans son coin ?

Ce point de réflexion me permet d’ailleurs de voir si, quand il y a deux protagonistes ou plus, tous les protagonistes ont :

  • le même but
  • la même motivation
  • ou un but/une motivation différent(e) (voire à l’opposé, ce qui donne éventuellement une idée d’antagoniste puisque l’antagoniste s’oppose au but du protagoniste)

8- Est-il spontané (voire impulsif) ou réfléchi (voire précautionneux) ?

C’est une question qu’on peut se poser à propos d’un personnage pour essayer de voir comment il va se comporter face aux difficultés qu’on va lui faire subir.

S’agit-il d’un personnage qui élabore des plans ? Qui « fonce tête baissée » ? Qui va beaucoup réfléchir avant d’agir ? Etc.

9- Est-il en bonne condition physique ?

Il y a des histoires où cette question n’a aucune espèce d’importance. Mais si vous pensez que ça pourrait être important pour votre histoire, c’est bien d’y réfléchir avant de commencer à écrire.

Cela permet éventuellement de trouver une faiblesse intéressante à un personnage ou bien une capacité que peu de gens ont. Et du coup, on peut réfléchir aussi à son état de santé.

Exemples de réflexions :

  • Ai-je besoin d’un personnage avec une faiblesse physique ou un problème de santé qui va lui mettre des bâtons dans les roues ?
  • Ai-je besoin d’un personnage très endurant ?
  • Ai-je besoin d’un personnage malade ?
  • Ai-je besoin d’un personnage très agile ?
  • Etc.

10- A-t-il le sens du devoir ?

Question cruciale dans pas mal d’histoires où le personnage principal agit parce qu’il fait son job (exemples : inspecteur de police, médecin).

Aussi, pour toute histoire impliquant de sauver quelqu’un (ou sauver le monde), un héros qui a le sens du devoir peut s’avérer utile.

Plus généralement, pour avoir une opposition bien/mal, moral/immoral, le sens du devoir est un bon point de réflexion.

11- Quels sont ses enjeux personnels ?

Je pense que cette question est cruciale.

En fait, je me pose 2 questions :

  1. Qu’est-ce que le personnage a à perdre ?
  2. Jusqu’où le personnage est prêt à aller pour ne pas le perdre ?

Vous avez un conflit, une grande difficulté, un énorme problème à résoudre. Mais ça ne suffit pas. Il faut aussi des enjeux personnels.

Par exemple, imaginons une histoire à propos d’un homme sur le point de perdre son travail. S’il n’y a pas de conséquences graves à la perte d’emploi, ce problème/conflit ne fera pas vibrer le lecteur. Alors faisons de cet homme un père de cinq enfants en bas âge,  par exemple. La difficulté qui sous-tend l’histoire prend une autre tournure, avec cinq bouches à nourrir.

Et ce point de réflexion permet un autre casse-tête relatif à la structure de l’histoire, si on aime bien structurer avant d’écrire : faire empirer les enjeux personnels.

Par exemple, avec l’homme qui risque de perdre son travail :

  • d’abord il reçoit un blâme, avertissement ou quelque chose
  • ensuite on apprend qu’il a 5 enfants
  • ensuite on apprend qu’un des enfants est malade et les soins coûtent cher
  • ensuite le protagoniste trouve une lettre de menace d’expulsion de son domicile parce qu’il n’a pas payé son loyer depuis x temps
  • etc.

Faire empirer la situation du protagoniste n’est pas la seule façon d’ajouter des enjeux personnels. L’homme qui risque de perdre son travail pourrait, par exemple, avoir déjà vécu dans la rue (ou moins dramatiquement souffert du chômage). On ajouterait alors une autre dimension au risque de licenciement.

Ce qui me mène à la question suivante.

12- Qu’est-ce qui s’est passé avant ?

Avant que l’histoire commence.

Même si le lecteur ne le saura jamais, ou même si je l’évoque dans une phrase ou deux, je dois savoir ce qui s’est passé avant le début du roman pour chaque personnage. J’ai une question relative à l’enfance/la jeunesse, donc si le personnage est adulte, je vais juste imaginer ici quelques grands événements de sa vie.

Voici mes points de réflexion pour commencer :

  • le meilleur souvenir de sa vie
  • le pire souvenir de sa vie
  • éventuel événement traumatisant
  • erreur(s) qu’il ne veut surtout pas répéter ou qu’il répète sans en avoir conscience

13- Quelle est sa sensibilité ?

Ce point de réflexion me permet d’imaginer si le personnage est globalement plutôt sensible ou pas et éventuellement (ou ça m’apparaît plus tard en écrivant des scènes), à quoi est-il sensible et pourquoi ?

Cela peut concerner tout et n’importe quoi selon l’histoire.

Exemples :

  • en général la gentillesse le touche
  • la vue de sang le perturbe
  • les bébés l’émeuvent

Rien qu’avec ça, 3 à 5 sensibilités, je trouve qu’on a une bonne idée de la personne qu’il ou elle peut être.

14- A-t-il peur de quelque chose ?

Soit j’ai déjà mis le doigt sur ce point de réflexion, soit je n’ai pas encore étudié la question.

Parce qu’une peur peut être en lien avec :

  • la santé, si j’ai déterminé qu’il y a un problème (ou la santé d’un proche)
  • un enjeu personnel bien sûr
  • une erreur à ne pas répéter ou un traumatisme
  • une sensibilité si je l’exagère (par exemple, mon personnage n’est pas perturbé par la vue du sang, finalement j’ai besoin qu’il s’évanouisse à la vue du sang)

Sinon je peux réfléchir à une peur disons « concrète », par exemple les serpents, le vide, les ascenseurs, les rues désertes…

Ou à une peur plus profonde/transcendante : peur d’aimer, peur de mal faire, peur de ne pas être à la hauteur, peur d’être rejeté, peur de l’avenir, etc.

15- Est-il respectueux des règles ?

Partant du principe que partout il y a des lois, des règles, un règlement… (à l’échelle d’une nation, dans une entreprise, à la maison, à l’école…), ce point de réflexion me paraît intéressant ; il amène à se demander si le personnage est plutôt du genre à se plier aux règles ou s’il peut en transgresser de temps en temps, ou plus que ça.

De là on peut obtenir divers profils :

  • le rebelle
  • le hors-la-loi
  • le garant de l’ordre
  • etc.

16- Est-il un leader ou un exécutant ?

C’est une question importante quand on prévoit d’écrire une histoire avec au moins deux personnages principaux. Il y a forcément un personnage (au moins un peu plus) décideur que l’autre.

Un personnage au profil de leader aura besoin de certaines compétences, qualités, forces… Un personnage au profil d’exécutant aura besoin d’autres choses.

Ce point de réflexion à propos d’un ou plusieurs personnage(s) peut amener d’autres questions :

  • Deux leaders, en général, ça ne colle pas : serait-il intéressant pour l’histoire d’avoir ce type d’opposition ? Des disputes ? Ou des bagarres ? Etc.
  • Diriger plusieurs exécutants demande du charisme : quels traits de personnalité/physiques peut-on imaginer chez un leader ?
  • Pourquoi un personnage se soumet à l’autorité d’un autre ? Parce qu’il n’a simplement pas le même besoin de diriger ? Parce qu’il a peur ? Parce qu’il n’a pas suffisamment de ressources en lui pour savoir quoi faire ? Etc.

C’est une question qui peut nourrir la réflexion sur le passé, sur les motivations, sur les qualités et défauts d’un personnage.

17- A-t-il un trait de personnalité détestable ou source de problèmes ?

Bien sûr, on imagine des traits de personnalité détestables pour l’antagoniste.

Mais on peut aussi y songer pour d’autres personnages et pour un antihéros.

Comme j’avais trouvé très, très difficile, avec mon premier roman, d’attribuer des défauts à des personnages qui en avaient pourtant besoin (pour l’histoire), je me suis fait cette liste de défauts pour mes casse-tête sur mon deuxième roman.

15264595 - portrait of a male model in the dark

Moi, je suis parfait. Alors arrête de me chercher des défauts. Sinon, je te descends.

18- Quelle est sa fragilité ?

Si un personnage important n’a aucune espèce de fragilité, il risque de manquer de réalisme. Soit j’ai déjà une idée avec mes réflexions précédentes, soit je n’ai pas encore trouvé de fragilité.

La fragilité la plus courante dans les romans et au cinéma est sans doute la blessure intérieure (qui généralement, pour le héros, guérit au dénouement de l’histoire ou du moins se soigne).

On peut réfléchir à ce qui rend un être humain fragile. Ensuite, je pense que ça vaut le coup de réfléchir aux points suivants (même si ça n’apparaîtra pas dans le roman, c’est utile de le savoir) :

  1. d’où ça vient ?
  2. quand est-ce que ça pourrait apparaître dans l’histoire et comment ?
  3. quels problèmes ça va créer (en quoi ce sera lié aux événements, quel impact ça pourrait avoir sur sa quête, quelles conséquences ?)
  4. quand est-ce qu’il ou elle va commencer à surmonter sa fragilité ?
  5. quand est-ce qu’il ou elle va enfin comprendre/regarder la réalité en face/faire face à ses démons intérieurs, etc. ?

19- Quelles sont ses valeurs ?

C’est quelque chose qui fait partie de tout être humain. Certains en ont fortement conscience, d’autres pas. J’essaie, pour commencer, de trouver au moins une valeur à chaque personnage.

Pour trouver des valeurs, demandez à Google : « valeurs humaines » ou « valeurs morales » ou « valeurs personnelles ».

Si c’est difficile, il y a un autre exercice qui peut donner des idées pour mieux dessiner cet aspect d’un personnage (point suivant).

20- Quelle expression résumerait bien sa philosophie de la vie ?

Il y a des gens qui utilisent une expression, toujours la même, ou parfois plusieurs, et elle résume leur façon de penser, ce en quoi ils croient le plus ou leur philosophie de la vie.  Parfois, on le dit plus pour plaisanter (mais on y croit un peu quand même).

Pour avoir une meilleure idée d’un personnage de roman, on peut songer à ce genre d’expressions. Le personnage ne le dira pas, mais l’auteur a déterminé que c’est ce qu’il ou elle pense.

Exemples :

  • Rien ne sert de courir ; il faut partir à point.
  • On a rien sans rien.
  • A chaque jour suffit sa peine.
  • Carpe diem.
  • Qui vivra verra.
  • Nulle rose sans épines
  • etc.
8795265 - dark and moody portrait of serious looking male adult

C’est dans les vieilles marmites qu’on fait les meilleures soupes. Bon, d’accord, on va lui trouver un credo plus glamour…

21- Quelles sont ses (fausses) croyances ?

L’aspect spirituel/religieux fait partie de la vie humaine. C’est un point de réflexion utile, même si ça n’apparaîtra jamais dans l’histoire, que ça n’a aucune utilité. Au moins on sait où le personnage se situe par rapport à ça.

Mais ici, je pensais plutôt aux croyances personnelles et plus précisément aux fausses croyances. C’est un aspect intéressant de tout personnage relativement important et surtout du « héros ».

S’il n’a pas de faiblesse, il pourrait avoir une fausse croyance (ne pas oublier d’imaginer d’où ça vient). Et ce serait sa faiblesse, du coup.

Du genre (à nuancer pour éventuellement éviter la caricature) :

  • on ne peut faire confiance à personne
  • tout va bien dans son mariage alors que non
  • rien de pire que (événement du passé) ne peut lui arriver
  • il est un bon à rien
  • le monde est pourri
  • il a raté sa vie / il a réussi sa vie alors que non
  • etc.

22- A-t-il de l’humour ?

C’est quelque chose qui fait aussi partie des êtres humains. Dans un roman, on peut donc trouver des personnages :

  • occasionnellement drôles
  • drôles aux mauvais moments
  • avec un humour qui ne fait rire personne
  • avec un humour noir
  • sans aucun second degré
  • ironiques ou sarcastiques
  • etc.

23- Quelles sont ses qualités et quels sont ses défauts ?

Souvent, dans ce genre de questionnaire de préparation, les qualités et défauts d’un personnage sont les premiers points étudiés. Mais je n’arrive pas à les percevoir tant que j’ai pas brossé un portrait plus « profond » (blessures, fragilités, valeurs…). Alors je me pose la question plus tard. Sinon, les qualités et défauts se dessinent mieux quand je commence à écrire.

Sur cet aspect, je réfléchis aux éléments suivants :

  • Qualité principale (qui contribuera à sa réussite) :
  • Défaut principal (qui fera obstacle à sa réussite) :
  • Autres qualités :
  • Autres défauts :

PS : je rappelle que tout n’a pas à figurer dans le roman. On ne fait qu’inventer « une personne » aussi clairement que possible, pour en savoir le plus possible à son sujet, mais quand on écrit l’histoire, on n’essaie pas de « caser » tout ça. On utilise ce qui nous est utile et on se souvient notamment qu’il ou elle ne peut pas/peut, ne veut pas/ veut… faire certaines choses.

24- Comment était son enfance ?

Si ça n’a pas d’incidence sur l’histoire, je pense qu’on peut juste déterminer si le personnage a eu une enfance :

  • plutôt heureuse
  • très heureuse
  • plutôt malheureuse
  • très malheureuse

Et si c’est important, bien sûr il faut approfondir ce point, voire lister des événements pour une petite biographie avec frise chronologique, arbre généalogique au besoin, etc.

25- Qu’en est-il de sa famille et des liens familiaux ?

Ce n’est parfois pas utile à une histoire, mais je pense que ça aide à mieux visualiser le personnage.

J’essaie de déterminer les points suivants (à approfondir au besoin) :

  • Statut marital ?
  • Enfants (oui/non, âge, prénoms si besoin)
  • Qualité des relations conjoint et enfants :
  • Les parents sont-ils en vie ?
  • Qualité de la relation aux parents ?
  • Frères et sœurs (vivants/morts ?) ?

Avec ces aspects-là, on a pas mal de possibilités pour complexifier un personnage. Par exemple, on peut imaginer :

  • un amant / une maîtresse
  • plusieurs mariages
  • le veuvage
  • un divorce ou plusieurs
  • une adoption
  • un adolescent rebelle
  • l’aîné(e) d’une très grande fratrie (j’avais lu un article un jour à propos de l’impact sur la personnalité des gens selon leur place dans une fratrie, les aînés étant souvent des leaders et tout un tas de choses intéressantes pour des personnages de roman)
  • une mère castratrice et autres parents toxiques
  • etc.

Ce qui permet d’approfondir éventuellement les origines des fausses croyances, des faiblesses ou autres points importants.

26- Le personnage a t-il (avait-il par le passé) un loisir ?

Bien que ça puisse paraître inutile, c’est un point de réflexion à ne pas négliger parce qu’une compétence, un champ de compétence ou un savoir-faire pratique peut provenir de la pratique d’un loisir.

Et puis un ou des loisirs peuvent beaucoup enrichir un personnage en illustrant bien sa personnalité, ses capacités, ses goûts, ses centres d’intérêt… Même si le lecteur ignore au final, que le personnage pratique ou a pratiqué un loisir, le savoir soi-même peut s’avérer utile.

Les loisirs peuvent éventuellement donner une idée du milieu social en cas de besoin. Par exemple, la pratique du golf est coûteuse. Si un personnage rentre du club de golf, on se doute qu’il ne vit pas dans un bidonville.

En outre, il y a des loisirs plutôt classiques, la pêche, la peinture, la danse, un sport… Et des loisirs plus atypiques qui peuvent participer efficacement à dessiner un personnage.

33121461 - mysterious woman in black hood and web

Elle collectionne les boules à neige ou elle fait des stages de survie dans la jungle ?

27- Le personnage doit-il avoir quelque chose de particulier ?

Je l’avais fait pour mon premier roman et tout n’est pas resté au final, mais ça m’avait permis de mieux visualiser qui est qui.

Selon les besoins de l’histoire, je visualise si le personnage doit être en possession de quelque chose ou si un « objet » peut symboliser une partie de ce qu’il est.

Exemples :

  • que lui faut-il comme véhicule ?
  • a t-il une montre ? quel type ?
  • a-t-il un animal ? quel animal ?
  • a-t-il une arme ? quoi ?
  • a-t-il un sac ? comment il est ?
  • a-t-il un ordinateur ? un mac ? un pc ?
  • etc.

28- Lui faut-il un problème psychologique ?

Un personnage, du côté des « gentils » ou non, pourrait avoir besoin d’un léger trouble psychologique, comme une petite déprime, ou bien d’un gros souci comme la sociopathie.

Mais sans aller jusque-là, on peut aussi réfléchir aux dépendances (est-ce qu’il fume, boit, travaille trop, dépense trop, joue à des jeux d’argent, etc.), ainsi qu’aux troubles « fréquents », dirons-nous, comme les troubles du sommeil, le stress, l’anxiété, etc.

29- Vision du bonheur

Si c’est difficile à déterminer, il y a plusieurs façons d’aborder cet aspect avec l’une ou l’autre des questions suivantes :

  • qu’est-ce que le bonheur pour ce personnage ?
  • à quoi rêve-t-il ?
  • quel serait son pire cauchemar ?

30- A quoi ressemble physiquement le personnage ?

Personnellement, il m’est difficile d’imaginer l’aspect physique avant l’aspect « intérieur ». Donc je place ce point de réflexion en dernier, mais si c’est plus facile pour vous de faire l’inverse, commencez par-là.

Voici les questions que je me pose, en tout cas pour avoir des bases :

  • Taille
  • Poids
  • Carrure (athlétique, mince, maigre, dans la « norme », bien en chair…)
  • Couleur de peau
  • Couleur de cheveux, type de cheveux (frisés, fins, raides…) et longueur
  • Couleur des yeux
  • Signe(s) distinctif(s) (lunettes, barbe, moustache, grains de beauté, etc.)
  • « Défaut » physique
  • Forme du visage (rond, carré, etc.)
  • Style vestimentaire
  • Apparence habituelle (très soignée, soignée, négligée, très négligée)
  • Comment les hommes et/ou les femmes trouvent-ils le personnage en général (beau, repoussant, attirant, charismatique, du charme, ordinaire, mystérieux…)

Je ne peux pas utiliser de photos, mais ça peut aider de se baser sur la photo d’un acteur, d’une actrice ou autre personnalité.

30- Quel événement pourrait donner une bonne idée du personnage ?

Je tiens un profil. J’essaie donc d’imaginer un événement (mineur, banal, anecdotique), qui pourrait illustrer en partie le personnage. Pas tout ce qu’il y a dans cette liste de questions, bien sûr, mais j’imagine une situation dans laquelle le lecteur peut se représenter un peu à qui il a affaire.

Sources : mon travail pour mon premier roman « à paraître » en décembre, mais surtout mon travail pour le deuxième (toujours difficile, mais peut-être avec moins de bêtises que la première fois, et nettement moins de temps perdu), EPIGUIDE.COM, the Guide to Web Entertainment qui propose une longue série de questions (mais en anglais), Myers Briggs Type Indicator (un test psychologique pour déterminer son profil de personnalité et qui peut servir pour des personnages de roman), Fiction University (blog.janicehardy.com), un site en anglais qui propose de nombreuses ressources et l’auteur écrit aussi de bons livres, faciles et rapides à lire pour apprendre les principes de base de l’écriture d’un roman.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s