Pourquoi je ne publierai pas mon roman cette année

Depuis un an, je travaille sur mon premier roman, avec le projet de le publier un peu avant Noël 2017. Quelques jours avant la date planifiée, j’ai pris la décision de repousser sa sortie d’un an.

Dans cet article, je vais expliquer pourquoi.

1- J’ai perçu la différence entre l’angoisse de déplaire et les peurs concrètes

Ce qui s’est passé, c’est qu’à l’approche de la date que je m’étais fixée pour publier ce roman, j’ai commencé à avoir peur. Mais je me suis vite aperçue que j’avais des raisons bien concrètes. Ce n’était pas l’angoisse que mon roman ne plaise pas.

Un livre, quel qu’il soit, plaît à certaines personnes et pas à d’autres. Ça ne fait jamais plaisir quand quelqu’un n’a pas aimé votre livre. Mais avec le temps, on apprend qu’il est impossible de satisfaire tout le monde.

J’ai eu peur que quelqu’un lise ce roman et ne l’apprécie pas à cause d’erreurs relevant du travail à faire, comme des erreurs structurelles ou des incohérences. Le type de problèmes qui empêche de se plonger dans une histoire ou qui en fait soudainement sortir.

2- J’ai accepté les problèmes de ce roman

C’est très difficile d’identifier soi-même des problèmes sur son manuscrit. On peut en relever beaucoup, mais on ne voit pas tout. Et aussi, en tout cas en ce qui me concerne, on peut être au courant de certains problèmes et les ignorer !

Je vais lister ce qui m’a permis de les voir et de les accepter, surtout.

a-Le feedback des bêta-lecteurs

Ils sont une dizaine à avoir lu mon premier roman. Et j’ai commis deux erreurs par rapport à cette expérience de bêta-lecture.

  • La première, c’est d’avoir soumis à la bêta-lecture, un manuscrit qui n’était pas assez travaillé. J’ai eu énormément de changements à faire, en peu de temps pour respecter mon planning, ce qui m’a poussée à négliger ou à oublier certains problèmes qui, dans mon esprit, n’étaient pas prioritaires.
  • La seconde, c’est de ne pas avoir tenu compte de certains commentaires, non parce que je pensais avoir raison, mais parce que je savais que les problèmes pointés du doigt demanderaient énormément de travail ! C’est comme si une voix dans ma tête m’avait dit de fermer les yeux, de ne pas y toucher, ça va passer, ça va le faire… Et cette peur survenue peu avant de publier m’a enfin ouvert les yeux. Non, ça ne va pas le faire !!

b-Plus de confiance

Personnellement, je trouve utile de lire des livres, des articles, ou de regarder des vidéos de personnes qui sont passées par-là. D’ailleurs, je partage moi-même ce que j’apprends, ressens, pense avoir surmonté ou raté.

Mais au début, toutes ces informations dont je m’abreuvais me faisaient marcher sur des œufs. Toutes ces choses à ne pas faire, toutes ces erreurs qui me guettent !!

Au fil des mois, je me suis libérée de nombreux « écrivez comme ceci, écrivez comme cela.. ». Et clairement, je n’écrivais plus de la même façon en novembre par rapport à janvier.

Certes, je n’ai pas une confiance sensationnelle en ce que je fais pour ce roman et je ne maîtrise pas bien certains procédés, mais ça n’a vraiment rien à voir avec le début de l’année. C’est une des raisons qui m’ont fait prendre la décision de retravailler ce manuscrit.

c-Le travail sur mon deuxième roman

Le travail que j’ai commencé, pour mon deuxième roman, me montre très bien certaines erreurs que j’ai commises.

Une des bourdes les plus graves a été de ne pas effectuer des changements (que j’estime cruciaux) pendant la phase des révisions. Pour être claire, des changements étaient nécessaires. Je les ai fait. Ils devaient entraîner d’autres changements, car plein d’éléments ne collaient plus. Et je n’ai pas fait ces changements-là.

Donc, en raison d’une sorte de mélange de versions différentes, vous pouvez sentir que quelque chose est « à côté de la plaque ».

3- J’ai un des pires problèmes que l’on puisse avoir

Pires, dans le sens où c’est l’un des problèmes qui vous demandent le plus de réécriture : un problème de points de vue narratifs !

Ce problème a été évoqué par une majorité de bêta-lecteurs et même discuté avec certains d’entre eux. J’ai fait des modifications, mais encore et toujours en restant trop sur la version précédente du manuscrit. Beaucoup d’éléments ne collaient plus.

Il aurait fallu modifier de nombreux chapitres, ce qui aurait entraîné quelques modifications sur la trame de l’histoire.

Un mauvais choix de point(s) de vue narratif(s) peut vraiment gâcher une histoire. Je n’ai pas fait un, mais plusieurs (très) mauvais choix.

4- Le thème 

Pour qu’un roman ait une chance d’être apprécié, il lui faut (entre autres éléments) un thème.

Lorsque quelqu’un vous demande, à propos d’un roman que vous venez de lire, « de quoi ça parle ? », vous ne racontez pas forcément l’histoire. Souvent, vous présentez la « quintessence » de l’histoire. Par exemple, « ça parle d’un divorce » ou « ça parle d’un couple qui se déchire ».

Vous ne dites que ça, parce que vous avez retenu le thème principal. Vous n’y avez pas  réfléchi, c’était une évidence. Parce que l’auteur l’a fait clairement transparaître.

Franchement, si vous lisez mon roman aujourd’hui et que quelqu’un vous demande de quoi ça parle, vous auriez du mal à formuler une réponse claire et nette.

Le côté positif, c’est qu’il y a des thèmes. Le problème est qu’ils sont trop nombreux et sans lien entre eux.

5- J’en profiterai pour régler d’autres problèmes

Pour l’essentiel, l’acte 1 est trop long, ce qui est relativement gênant. Aujourd’hui, je trouve d’ailleurs le tout début vraiment mauvais. D’une part, l’histoire ne commence pas au bon moment. D’autre part, il y a encore bien trop de détails inutiles.

Ensuite, mon histoire est trop compliquée. C’est quelque chose que j’ai vu grâce au travail pour mon deuxième roman. Au lieu de compliquer l’histoire, parce qu’elle me paraît trop peu intéressante, je fais des choix très différents.

Enfin, j’ai vraiment raté un personnage. Je ne peux préciser lequel ni pourquoi, mais ce jugement est basé sur une analyse concrète, après avoir fait des recherches (et bien sûr ouvert les yeux, pour accepter que le travail n’est pas fini !).

Conclusion

Publier ce roman, en ayant relevé les points faibles que je viens de lister, serait déraisonnable. Oui, je réaliserais enfin mon vieux rêve, mais avec un roman encore trop brut, trop amateur. Des gens qui auraient éventuellement pu se laisser emporter par l’histoire y seraient à peine entrés ou en seraient vite sortis, à cause de moi !

Je ne suis ni triste, ni en colère contre moi-même. La décision de ne pas publier mon roman n’a pas été facile à prendre, mais une fois que je l’ai prise, j’étais vraiment contente et sûre d’avoir fait le bon choix.

Aussi, je ne considère pas avoir tout raté. Le travail que je planifierai, pour 2018, ne va pas profondément changer le déroulement de l’histoire, par exemple, ou les personnages (hormis celui que je trouve nul). En quelque sorte, je vais raconter la même histoire, mais différemment.

C’est donc reparti pour un an, mais je ne peux pas dire que je le vis comme un échec. C’est peut-être même une victoire.

8 commentaires sur “Pourquoi je ne publierai pas mon roman cette année

  1. Quel courage ! Merci de ce témoignage.
    J’écris mon premier roman. Je me suis fixée une date butoir pour la rédaction de mon premier jet. J’en suis à 50%.
    Cet article pointe certaines erreurs. Il faut que je les ai en tête…
    Qu’a donné la version 2018 ? Je continue ma navigation sur ton blog pour avoir quelques éléments de réponse et pour apprendre de tes expériences.
    A bientôt.

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    1. Pour moi, date butoir pour le premier jet, ça peut marcher, je trouve que c’est bien si on aime s’organiser et ça motive. Par contre, pour tout terminer, révisions de fond, corrections, bêta-lecture + tout le reste si tu publies toi-même, je ne peux pas me fixer de date, il faut que j’attende d’avoir fini le premier jet pour visualiser le timing. Maintenant, je pense qu’il va me falloir plusieurs années, surtout que dernièrement je n’ai pas eu de temps pour mon roman ! Bon courage à toi 🙂 merci pour ta visite.

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  2. Tu es une femme très courageuse et persévérante.

    Je t’envoie une courte vidéo de la persévérance de mon bb Monsieur Pixel. C pour te faire sourire un peu !

    Fernande x

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    1. C’est gentil. Tu devrais m’envoyer la vidéo sur FB ou par mail car je ne la vois pas. J’ai pensé à tout réécrire, comme tu m’en avais parlé hier. Je crois que ça va être indispensable. Ta suggestion était (une fois de plus) très pertinente. Je me prépare « psychologiquement » à l’idée 🙂 Bises !

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