Comment créer un twist final dans son roman

Nous avons tous fait l’expérience du rebondissement de dernière minute dans les livres et les films. Cette expérience peut ressembler à une énorme claque et ancrer une histoire dans nos mémoires pour le restant de nos jours…

Comment font-ils ??!

C’est ce que j’ai essayé de comprendre.

1- Les fondations du twist final

J’ai essayé de rassembler quelques bases pour construire un retournement de situation à la fin d’un roman. Je veux préciser, d’abord, qu’un twist final n’est absolument pas indispensable pour écrire une « bonne » histoire. C’est un procédé qui permet à un roman de ne pas être oublié trop vite, mais il en existe plein d’autres.

Le twist final et ses conséquences

Un twist final se produit généralement au point culminant d’une histoire et ce, peu avant le dénouement. Ce dernier grand moment d’une histoire, la toute fin, doit permettre de constater quelles sont les conséquences du twist. Le twist est une surprise, mais il donne lieu aussi à des conséquences qu’on n’imaginait pas.

Un lecteur peut s’attendre à une certaine fin, ou bien exclure plus ou moins consciemment des possibilités, à partir de n’importe quel moment. Mais généralement, c’est vers le point culminant que ça se précise.

Pour moi, un twist final change la fin qui se dessinait pendant le point culminant.

Après, il peut avoir différents impacts. Il peut changer « des choses » ou changer carrément toute la vision qu’on avait de l’histoire.

Le twist et le thème

Un twist final est une surprise totale et, en même temps, ça a du sens. Nous ne le voyons pas venir mais, quand il se produit, il apporte quelque chose à l’histoire. Il me semble que l’impact le plus lourd de conséquences se produit avec un twist final qui fait comprendre le thème d’une histoire. Il change toute la perspective qu’on avait sur l’histoire, jusque-là.

On avait un thème, en tout cas un thème principal, c’est-à-dire que l’histoire a soulevé une « grande question ». Et le retournement de situation semble apporter une espèce de proposition, un éclairage.

Par exemple, vous écrivez une histoire dont le thème principal est la vengeance. L’histoire va soulever des questions autour de ça. Arrive le moment du twist final ; ce qui se passe pose finalement la question la plus cruciale (pour l’auteur), par exemple, pardonner fait-il plus de bien que se venger ? L’événement ne donne aucune réponse. Il suscite la réflexion (et à chaque lecteur de le vivre à sa façon).

Le twist et le personnage principal

Je ne connais aucun twist final qui a du sens sans qu’il concerne directement le personnage principal d’une histoire. On va voir qu’un twist final peut se produire via d’autres personnages (le héros n’est pas forcément « à l’origine » du rebondissement) mais il doit quand même avoir des conséquences sur le principal protagoniste.

Il faut que ça change le cours des choses pour le(s) personnage(s) le(s) plus important(s).

Le twist et le ressenti d’un lecteur

Selon ce que change le retournement de situation, il peut faire naître toutes sortes d’émotions. Disons que ce n’est pas qu’une surprise.

Ça peut créer de la joie chez un lecteur, de l’espoir, un sentiment de justice… Il y a aussi des ressentis plus graves, sombres. Un twist final, ça peut semer le trouble, générer un malaise, etc.

C’est important de se pencher là-dessus, je pense, qu’on ait eu une intention en écrivant son twist ou qu’on l’ait écrit sans intention précise quant à l’émotion que ça pourrait susciter.

Le twist et la préfiguration

Préfigurer, c’est ce qui fait qu’un twist final, aussi inattendu soit-il, est quand même cohérent. C’est ce qui fait que quand vous relisez un roman ou regardez à nouveau un film avec un retournement de situation de dernière minute, cette fois-ci, vous pouvez le voir venir. Ou alors, immédiatement après la « surprise », vous vous dites mais ouiii mais bien sûr, j’aurais dû le savoir !!

J’ai relevé trois façons courantes de préfigurer.

A- C’était là depuis le début (ou presque) mais ça n’avait pas trop de sens.

Il y a cet élément de l’histoire qui revient de temps à autre ; c’est un élément important concernant un personnage important (parfois c’est un personnage secondaire), c’est utile (au moins à la compréhension du personnage). Mais c’est difficile d’y donner un sens par rapport à l’histoire.

Et c’est au moment du twist final que ça prend tout son sens (et ça peut se faire avec une histoire secondaire, j’y reviens plus tard).

Exemple (ATTENTION SPOILER…), si vous avez vu Split de M. Night Shyamalan, on comprend peu à peu au cours du film que la jeune fille kidnappée a été maltraitée. On sent bien que c’est important pour l’histoire, sans voir clairement pourquoi. Mais si on n’avait pas su qu’elle a été maltraitée, on n’aurait rien compris au twist final ; il n’aurait pas été possible de créer ce twist (le fait que la « créature » décide de ne pas la tuer en voyant ses cicatrices).

Tout doit servir à quelque chose, donc un lecteur doit au moins pouvoir « palper » l’utilité de ce genre d’éléments. Ce n’est pas là « juste pour faire un twist ».

B- C’était là depuis le début mais c’était une fausse piste.

Pendant toute une histoire, vous croyez quelque chose. Assez souvent, c’est à propos d’un personnage. Si ce n’est pas le « méchant », c’est fréquemment un personnage secondaire « du côté des méchants ». Ce n’est pas à propos du personnage principal, parce que la fausse piste consiste à faire en sorte que le personnage principal croit quelque chose. Et le lecteur doit y croire aussi. Arrive le point culminant et ce n’était pas ce qu’il croyait.

Exemples assez typiques (qui vous évoqueront peut-être des romans ou des films) :

  • le tueur était quelqu’un d’autre (tout indiquait pourtant que c’était lui) ;
  • celui que l’on croyait être le méchant ou du côté des méchants ne l’est pas (il ne l’a jamais été, mais tout portait à le croire), il aide le héros juste avant le dénouement.

C- C’est un détail apparu vers le début de l’histoire qui prend subitement tout son sens.

Dans de nombreuses histoires, au début, en tout cas pas trop tard (sinon ça risque de prendre trop d’importance), nous avons un élément de l’histoire qui semble utile mais pas fondamental. Il faut que ça serve à l’histoire d’une manière ou d’une autre, mais ça n’influence pas le cœur de l’intrigue (je vais donner des exemples dans une minute). Le lecteur ou spectateur oublie donc cet élément. Et puis il réapparaît au moment du twist final.

Alors que le (ou les) « héros » est dans une situation complètement catastrophique, ce « détail » lui permet de « s’en sortir » à la fin du point culminant. Le lecteur l’avait oublié, mais quand ça va se produire, il s’en souviendra (sinon, c’est raté !). 

Imaginons d’abord que vous ayez décidé d’une fin heureuse pour votre personnage principal. Imaginons ensuite que juste avant le dénouement, il soit prisonnier des flammes d’un incendie dans une maison. Et imaginons que vous souhaitiez qu’il sorte par lui-même de la maison, par exemple par le grenier.

Je sais, c’est une petite péripétie qui ne paye pas de mine. Mais ça peut faire un twist final. De très nombreux romans et films utilisent cette technique. Je crois d’ailleurs que ça s’appelle « la péripétie ». Si ça n’a pas été préfiguré, c’est « débile » ou « bête ». Si ça a été préfiguré, ça peut faire un rebondissement avec beaucoup de profondeur.

Pour notre exemple, nous pourrions le préfigurer :

  • de façon anecdotique : quand il était enfant, le héros jouait à se cacher dans le grenier d’une maison (ou de cette maison en flammes). Ceci a été évoqué au début de l’histoire et ça avait alors permis d’apprendre que le personnage avait une excellente relation avec son petit frère. C’était important de le savoir pour la suite. Mais dans cette anecdote, le grenier était un élément accessoire. Personne ne peut lire ce passage et penser que ça va être important. Pourtant, c’est bien en repensant à son petit frère, au moment où il s’apprête à mourir (il pense à tous ses proches puis à son frère au dernier moment), que le héros a l’idée du grenier…
  • en focalisant l’attention du lecteur sur autre chose : il y a quelque temps, le héros a pourchassé un chat qui s’est enfui au grenier. C’est raconté au début. Il a vu une trappe ouverte et le chat s’y est faufilé. Seulement le héros est tombé dans les escaliers ; il s’est foulé la cheville, est allé à l’hôpital et il est tombé amoureux de l’infirmière et c’était la femme de sa vie. Peu de chance que le lecteur accorde de l’attention à ce détail du grenier avec ces conséquences majeures.

(désolée pour les exemples un peu simplets)

2- Des procédés courants pour développer des idées de twist final

Le méchant est pris à son propre piège

Quand l’antagoniste est un personnage, c’est le « méchant ». Quand il est vaincu directement à cause de ses actes, c’est un bon vieux procédé narratif qui relève de ce qu’on appelle la « justice poétique ». Exemples : le scientifique fou qui meurt asphyxié par ses propres produits toxiques, le dresseur de lions qui se fait manger par ses lions.

Là, je prends des exemples crétins, mais on peut faire un bon twist final avec ce procédé de « punition » symbolique.

Le méchant connaît le pire (pour lui)

Pour que ça fonctionne, prenez un personnage détestable qui commet un acte abject. Pendant toute l’histoire, laissez ce sal*** rester impuni et faites bien en sorte que ça ne fasse qu’empirer, à cause de lui (ou elle) pour le(s) protagoniste(s). Au twist final, arrive enfin la « punition ».

Et c’est le pire qui pouvait arriver au méchant.

Cela dépend de qui il est, ce qu’il redoute le plus… Ce n’est pas forcément « le pire pour tout le monde » (comme mourir ou aller en prison). Par exemple, si le lecteur a pu voir tout au long de l’histoire à quel point le méchant est attaché à son bateau, peut-être qu’il ne peut rien lui arriver de pire que de voir son bateau couler.

Le narrateur mentait

Ce type de twist final change absolument tout ce qu’on croyait. Pour un auteur, c’est difficile à réussir sans que le lecteur ne se sente « trahi », parce que normalement, on peut faire confiance au narrateur.

Le procédé du « narrateur menteur » est particulièrement déroutant dans le film Usual Suspects (ATTENTION SPOILER…). Tout ce qui se passe dans le film est raconté par Verbal Kint, lors de son interrogatoire au commissariat. Après plus d’une heure trente de film, on découvre que tout est faux (enfin, je crois) et que Verbal est Keyser Söze.

Mais un narrateur peut mentir sans le vouloir. Ce qui limite le risque que le lecteur se sente trahi par l’auteur.

C’est quand le héros ignore la vérité :

  • à cause d’un problème psychologique/psychiatrique : contrairement au narrateur menteur, le narrateur ignore qu’il ment. Il croit fermement quelque chose, mais il est malade dans sa tête. Il raconte ainsi une histoire, dont une partie n’est pas révélée. Ce sera révélé dans le twist final. Exemples au cinéma (mais ce sont des romans avant d’être des films) : Shutter Island et Fight Club.
  • parce qu’il est manipulé : le héros d’une histoire peut raconter des événements en présentant « une vérité ». C’est sa vérité à lui et au twist final, il découvre qu’il vivait dans un mensonge. On le rencontre dans les histoires où le héros s’est fait laver le cerveau/implanter de faux souvenirs, où il était en train de vivre un rêve, où il était cryogénisé et tout était factice, où il était dans un jeu/réalité virtuelle, etc.
  • parce qu’il ne veut pas voir la vérité (généralement parce qu’elle est insoutenable) : au cinéma encore (c’est plus rapide pour moi de trouver des exemples) (ATTENTION SPOILER…) dans le film Les Autres, Nicole Kidman a de multiples occasions de se rendre compte qu’elle est morte et que c’est elle, et ses enfants, qui sont les fantômes. Mais on imagine bien à quel point ce doit être dur de l’accepter.

Dans les romans, ce genre de twist final peut nécessiter d’utiliser un point de vue narratif interne (ça peut être moins difficile) car le lecteur ne sait que ce que le narrateur sait.

Le personnage secondaire par lequel arrive le dénouement

On peut créer un rebondissement inattendu à la fin d’un roman par le biais d’un personnage secondaire. Il existe de nombreuses façons de procéder. Quelques exemples.

  • Le lecteur est convaincu qu’un personnage a une importance secondaire sur l’histoire. Le personnage a toutes les caractéristiques du personnage secondaire. Au moment du twist final, il a une importance capitale. C’est grâce à lui que l’histoire se dénoue (bien ou mal). Ce qu’il est, ce qu’il fait, ce qu’il sait… C’est ce personnage sans grande importance qui fait basculer l’histoire vers le dénouement.
  • Un autre procédé avec un personnage secondaire consiste à le faire changer de camp, comme l’homme de main de l’antagoniste qui finalement se rallie au héros.
  • Dernier exemple, celui du personnage secondaire dont on découvre la véritable identité (on peut le faire aussi avec le personnage principal mais c’est plus délicat, je trouve). Et l’auteur l’avait préfiguré mais on ne pouvait pas se douter que c’était ça…  C’était un robot !! C’était le père de Pierre !! C’était un agent double !! Etc.

L’histoire secondaire qui crée le twist final

Une histoire secondaire est généralement un « petit conflit » qui se joue à côté du « grand conflit ». Dans les romans qui alternent les points de vue narratifs internes, c’est parfois une des histoires qui constituent l’histoire principale : chaque personnage qui a un point de vue narratif « raconte » son histoire, et toutes leurs histoires créent la trame de l’histoire du roman.

Il y a différentes façons de raconter une histoire secondaire. L’une d’elle consiste à la raconter indépendamment de l’histoire principale. En tant que lecteur, vous avez l’impression de lire deux histoires. Et vous cherchez ce qui peut bien les lier. Mais l’auteur ne vous le révèle qu’au moment du twist final.

Par exemple, le héros essaie de sauver la planète envahie par les démons et en parallèle, son petit garçon cherche son chat. L’histoire secondaire est aussi intéressante (sinon, on ne la lit pas), on apprend des choses et on se doute qu’elle n’est pas là pour rien, mais on ne voit pas trop le sens que ça peut avoir. Arrive (généralement) la victoire du héros (il sauve la planète), puis le twist final.

Souvent, ça permet d’éclairer ou préciser enfin le thème majeur de l’histoire. Par ex., dans le fond, l’histoire des démons demandait s’il n’y avait pas un démon en chacun de nous. Oui, la planète est sauvée, mais la vision de l’humanité paraît terriblement sombre. Twist final : lorsque des gens aident le petit garçon à sauver son chat, on peut se demander aussi s’il n’y a pas du « bien » en chacun de nous.

Révélation de l’événement déclencheur

Ce type de twist final peut nécessiter de bousculer l’ordre chronologique du récit. On est à la fin du point culminant et on découvre ce qui a tout déclenché ; ça veut dire que le point culminant est en fait la situation initiale (suivie de l’événement déclencheur qui est le twist final). Oui, c’est pas simple, cette affaire-là.

Dans ces histoires racontées « à l’envers », ce que le lecteur ou spectateur veut savoir c’est comment tout ça a commencé ? Alors l’histoire commence au milieu ou à un autre grand tournant qui n’est normalement pas au début.

Sinon, un flashback, ou une découverte, peut permettre de créer un rebondissement inattendu près de la fin d’un roman, et révéler comment tout ça a commencé.

Le drame inattendu

Si les conséquences d’un drame inattendu « changent tout » ou qu’elles impactent fortement le personnage principal et donc le dénouement n’est pas ce que le lecteur attendait, ça peut faire un twist final.

Pour que ce soit un drame, l’événement doit concerner le personnage auquel le lecteur s’est attaché ou le plus attaché d’une façon ou d’un autre.

Exemples :

  • le sacrifice inattendu : toute l’histoire menait vers ce moment où ces pauvres gens prisonniers de la planète Truc-Machin allaient enfin rentrer sur Terre. On a souvent cru que ce ne serait pas possible, mais ça y’est, nous y sommes, des centaines de pages plus tard ! Le point culminant prend fin quand le vaisseau est plein. Plein… Trop plein. Si tout le monde embarque, il n’y aura pas suffisamment d’oxygène. Quelqu’un doit rester. Le fidèle ami du héros se sacrifie. Le héros n’a pas le temps de s’en rendre compte. Il n’a pas le choix. C’est comme un piège. Dénouement : le héros regarde la planète Truc-Machin s’éloigner depuis le vaisseau et il se sent trahi, il est même en colère contre son ami qui s’est sacrifié, mais soudain, il regarde ses enfants s’amuser et ce sacrifice a du sens… (je sais, gros cliché, c’est juste pour illustrer l’idée).
  • l’enjeu perdu : il y a des enjeux personnels pour votre personnage principal ; s’il s’est « battu » contre quelqu’un/quelque chose/lui-même… c’est aussi pour préserver ces enjeux. Il a maintes fois risqué de les perdre. C’est comme une fin heureuse (le but est atteint) avec un « oui mais ». Oui, il a tué le monstre, mais il a perdu la vue pendant le combat. Il faut dire que depuis le début du roman, il imaginait comment sa femme avait changé, après des années de séparation forcée : perdre la vue est atroce, mais il faut montrer en quoi le personnage est personnellement impacté, donc ici, il retrouvera probablement sa femme (fin heureuse) mais il ne la verra pas et plus jamais.

Quant à la mort d’un personnage important pour l’histoire, ou juste pour le héros, ça ne constitue pas un twist final en soi (j’avais commis cette erreur pour mon premier roman). Il faut que ça change les attentes par rapport à la fin.

Imaginons une histoire de tempête. Pendant toute l’histoire, ou peut-être que ça apparaît à un moment donné, il y a ce projet de déménager pour le héros, quand ce sera fini. Tout semble indiquer que le héros va déménager après avoir « vaincu » l’antagoniste (la tempête). Sans que ce soit un « projet » clairement discuté, l’auteur de cette histoire pourrait faire en sorte que ce soit une évidence : on ne peut décemment pas continuer de vivre ici.

Voilà que les parents du héros meurent vers la fin du point culminant.

C’est un twist final seulement si le héros (possibilité parmi d’autres) prend alors conscience que ses racines sont ici et il décide de rester, reconstruire la maison de ses parents… Le rebondissement a eu des conséquences majeures sur la fin : c’est un twist final. Sinon, c’est juste une surprise. Et c’est possible et ça peut être très, très bien. Mais on n’aura pas du tout le même effet qu’un twist final.

Vous avez souvenir d’un bon twist final, dans un roman ou un film, qui vous a complètement retourné le cerveau ?

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