Écrire la première scène avec le protagoniste de son roman

La première scène où le protagoniste d’un roman est présent peut donner du fil à retordre. J’utilise le terme protagoniste pour être plus claire (que d’habitude…) ; nous parlons du personnage qui fait le plus avancer l’intrigue.

Cet article ne traite pas nécessairement de la toute première scène d’un roman. Un protagoniste peut apparaître dès la scène d’ouverture ou plus tard.

Je partage mes recherches et réflexions sur le sujet (je peux donc me tromper, même si parfois, personne n’a vraiment tort ou raison, tellement de choix sont possibles).

1- Le but du personnage dans la scène est en rapport avec l’histoire

Pour commencer, il me semble que le but du protagoniste dans la scène (où il/elle apparaît pour la toute première fois) doit avoir un lien avec l’intrigue principale du roman.

Ceci peut paraître évident, mais on peut avoir une bonne idée de scène – elle permettrait de montrer des aspects intéressants du personnage – et finalement, on se rend compte que la scène est inutile à l’histoire…

Ce lien peut paraître tout de suite très clair à un lecteur, ou alors il deviendra clair plus tard. Ce lien peut aussi être « direct » ou plus indirect (mais pas trop).

Si mon protagoniste est un homme qui devra survivre seul dans la jungle, son but dans la toute première scène où il apparaît sera probablement en lien avec le voyage, s’il n’est pas encore parti, ou l’expédition dans la jungle s’il est déjà sur place.

Un lien tout de suite évident pourrait se créer si le protagoniste a pour but d’apprendre quelques mots d’espagnol (la langue du pays où il se rend). Réussir ou échouer pourrait, lors d’une prochaine scène (pas forcément la suivante) déterminer s’il va comprendre ce qu’un villageois lui dit à propos de la jungle (par ex. elle est particulièrement dangereuse en cette saison…).

Des milliards de possibilités… Mais je ne peux pas écrire une scène où le but n’a pas le moindre rapport avec l’histoire. Comme réparer sa voiture.

Parce que le fait d’atteindre ou non le but à la fin de la scène n’aura pas la moindre incidence sur l’histoire.

J’imagine ici un personnage qui va partir à l’étranger. En quoi réussir ou rater l’intervention mécanique sur sa voiture va avoir des conséquences sur l’intrigue ? A priori, le lien semble inexistant. Et en créer un quand même pousserait (sans doute) à faire quelque chose d’un peu tiré par les cheveux.

Si c’est pour montrer que le personnage est ingénieux, il y a certainement une scène plus adaptée à cette histoire qui le montrerait bien aussi.

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2- Donner le temps à un lecteur de s’attacher au protagoniste

Le protagoniste apparaît pour la première fois. Un lecteur fait donc connaissance avec lui. On voudrait bien qu’il s’attache un peu ! Suffisamment pour lire la scène suivante.

C’est difficile de créer un attachement quand les enjeux dans la scène sont très importants (ce qui se passe en cas de réussite ou d’échec) + les circonstances sont hors du commun + la tension est grande.

Parce que dans ce genre de scène, n’importe qui ou presque ferait la même chose, ressentirait les mêmes choses, prendrait les mêmes décisions…

Il y a « tout en même temps » et on ne voit pas bien qui est le personnage.

Exemple de « pas tout en même temps »

C’est l’histoire d’un homme qui doit survivre seul dans la jungle ; le protagoniste est cet homme.

  • But du personnage dans la scène où il apparaît pour la première fois : il est à l’hôtel et il doit choisir une activité pour la journée, parmi plusieurs offres touristiques. Il se renseigne, rencontre d’autres touristes… et un groupe de touristes organise une sortie dans la jungle – sans guide. Ils invitent le protagoniste.
  • But atteint à la fin de la scène : oui, il choisit de faire l’expédition dans la jungle.
  • Enjeux pour le personnage : certes importants (c’est un grand voyage, il veut en profiter !) mais échouer (par rapport au but de la scène) ne changera pas « sa vie ». Au pire, il aura gâché une journée de voyage.
  • Circonstances pour le personnage : hors du commun. Il est à l’étranger, en voyage. Il cherche l’aventure.
  • Lien avec l’intrigue principale : direct et majeur. Le lecteur suspecte sûrement que l’expédition tournera mal.
  • Tension pour le lecteur : mineure dans cette scène. Bien que la scène soit intéressante pour un amateur d’histoires de survie, il s’agit de suivre un personnage qui cherche une activité touristique.

Cette scène peut permettre de mettre en lumière quelques traits de caractère, ou bien le trait principal, des qualités/défauts… du protagoniste.

Tout le monde ne choisirait pas l’expédition dans la jungle, surtout si celle-ci est improvisée par des inconnus. Je vois plein d’opportunités de présenter le personnage. Il a le contact facile, le goût de l’aventure, il n’est pas méfiant, il est peut-être un peu insouciant ou alors, il a grandement besoin de s’évader. Etc.

Maintenant, dans la scène décrite ci-dessous, les enjeux pour le protagoniste sont quasiment vitaux, les circonstances sont tout à fait hors du commun et la tension est vive. Et dans sa situation, vous, moi et tous les gens que nous connaissons, nous ferions sans doute à peu près les mêmes choses que le protagoniste et aurions les mêmes émotions…

Exemple de « tout en même temps »

C’est toujours l’histoire d’un homme qui doit survivre seul dans la jungle.

  • But du personnage : il est dans la jungle, il a marché seul quelques instants et la jungle étant très dense, il a perdu le reste du groupe. Il veut retrouver les autres.
  • But atteint à la fin de la scène : non, et plus il avance, plus il s’éloigne des autres…
  • Enjeux pour le personnage : cruciaux voire vitaux.
  • Circonstances pour le personnage : hors du commun. Il est dans la jungle et se retrouve tout seul et perdu…
  • Lien avec l’intrigue principale : direct et majeur. C’est le moment où l’expédition tourne mal.
  • Tension pour le lecteur : potentiellement énorme. Le lecteur sait que si le personnage n’atteint pas son but à la fin de la scène, il est franchement mal barré.

Sauf que le lecteur s’en fiche un peu.

On imagine que le protagoniste est content de commencer l’expédition. Quand il se perd, il va certainement crier pour retrouver les autres membres de l’expédition ; il garde peut-être son calme, mais va finir par (au moins) s’inquiéter ou (au pire) paniquer. Ce que ferait tout être humain normalement constitué. Comment déceler des traits de personnalité dans ce cas, ou une qualité intéressante, ou un défaut, etc. ?

La scène à l’hôtel, moins « intense », me paraît plus équilibrée pour offrir, à l’auteur qui écrirait cette histoire, de quoi présenter son personnage et donner envie au lecteur de savoir ce qui va lui arriver quand il se perdra dans la jungle.

Un lecteur va plus se soucier du sort d’un personnage qui se perd dans la jungle s’il a eu le temps de faire sa connaissance et de s’attacher. S’il ne le connaît pas et n’est pas attaché, le personnage peut bien mourir tout de suite, quelle importance ?

PS : je m’inspire d’une histoire vraie 🙂 racontée dans l’émission Je ne devrais pas être en vie (Perdu dans la jungle maya). Le type a passé 3 semaines dans la jungle pour s’être à peine écarté du reste du groupe !

3- Ne pas tomber dans la « banalité »

Personnellement, mon problème est que la scène où je fais apparaître mon protagoniste pour la première fois (dans trois projets différents, si c’est pas malheureux…), est toujours « too much » (tout en même temps) 😦 Mais je sais que pas mal d’auteurs ont le problème inverse.

Si cette scène (où le lecteur d’un roman fait connaissance pour la première fois avec le protagoniste de l’histoire) est trop « ordinaire », il est également difficile de montrer qui il est.

Par exemple, si l’auteur de l’histoire dans la jungle choisit d’écrire une scène dans laquelle le but du protagoniste est de « préparer correctement son sac de voyage », ça risque d’être compliqué de mettre en lumière les caractéristiques intéressantes du personnage.

Je crois qu’il faut faire attention à distinguer les circonstances du but.

On peut avoir des circonstances banales pour « tout le monde ». On le voit dans de très nombreux romans. Mais le but du protagoniste n’est pas banal.

Exemple : il fait son sac (circonstances lambda) alors que sa copine est là, en train de lui demander de ne pas partir (but = ne pas se disputer).

Quelqu’un s’oppose à ce voyage !

Cela doit bien sûr avoir un lien avec l’intrigue principale. On pourrait par exemple imaginer que le but de la scène n’est pas atteint (ils se disputent et se fâchent) ; du coup le protagoniste à l’hôtel n’appelle pas sa copine pour lui dire qu’il part en expédition dans la jungle ; du coup personne chez lui ne sera au courant qu’il est perdu avant quelques jours ; du coup personne ne mettra la pression aux autorités locales (qui manquent aussi de moyens) pour le rechercher ?

On peut aussi avoir un contexte ordinaire pour le protagoniste mais pas pour le lecteur, et le but du protagoniste est ordinaire (pour le protagoniste).

C’est le cas quand un inspecteur de police (protagoniste d’une histoire d’enquête policière) apparaît pour la première fois sur une scène de crime, en train de chercher des indices. Pour lui, c’est juste une nouvelle journée de travail qui commence.

La scène est intéressante pour un amateur d’enquêtes policières, mais rien de trop « époustouflant » pour empêcher de cerner un peu le protagoniste – et le but est de trouver des indices.

Je pense que ça devient difficile de bien présenter comme on veut son protagoniste quand le contexte et le but du protagoniste sont « ordinaires pour tout le monde ».

Par ex. un personnage se réveille le matin dans son lit et son but dans la scène est de se préparer pour partir au travail…

Difficile, sauf peut-être :

  • si les enjeux sortent de l’ordinaire ? Par exemple, il se réveille, il se prépare. S’il échoue (= s’il se prépare mal), il sera renvoyé, car il a déjà reçu un avertissement pour « mal présenter » (l’image étant cruciale pour le poste qu’il occupe). Là, je pense qu’on peut voir plus de choses sur le personnage.
  • si le personnage sort de l’ordinaire ? Par exemple, difficile de s’intéresser à un personnage en train de faire le ménage (contexte et but on ne peut plus ordinaires pour tout le monde). Mais ce personnage pourrait rendre la scène intéressante en étant malade à la moindre saleté ; il serait pathologiquement maniaque…

Bref, l’idée, c’est que si tout est hors du commun, c’est difficile de susciter de l’attachement. Et parfois, un seul petit élément intéressant peut suffire (à donner envie de mieux connaître le personnage).

 

4- Que montrer du protagoniste dans la première scène où il apparaît ?

Faisons attention de ne pas trop en montrer et bien sûr, de ne pas tomber dans l’extrême inverse, car un lecteur ne peut pas se préoccuper du sort du personnage s’il n’apprend rien d’important à son sujet.

Physiquement, on essaie de trouver un juste milieu entre la description complète de la tête aux pieds et rien du tout. On essaie de faire pareil pour le reste.

Voici quelques possibilités.

Il est un peu étonnant

Je crois que c’est un procédé extrêmement courant. Le protagoniste n’est pas étonnant au point que cela nécessite une explication. Pas dans la scène, en tout cas (ça peut attendre). Il fait quelque chose que la plupart des gens ne feraient pas. Ou le vit différemment. Sans que ce soit « époustouflant ». Et ce n’est pas non plus « bien » ou « mal ».

Par ex. alors que la plupart des gens seraient au moins gênés en tombant dans les escaliers, devant des centaines de personnes, dans le hall d’une gare, le protagoniste qui se vautre dans les escaliers se relève et crie  » Je vais bien ! Ne m’aidez pas, surtout ! Dépêchez-vous, vous allez rater votre train ! Que personne ne m’aide ! ».

Il a peut-être un gros caractère, un problème quelconque « avec la société », ou il a juste très confiance en lui. Cela se clarifiera plus tard, mais c’est en tout cas un peu étonnant.

Il n’est pas comme un lecteur pouvait s’y attendre

Quand la première scène où le protagoniste est présent n’est pas la scène d’ouverture du roman, un procédé relativement courant consiste à faire en sorte que le personnage ne soit pas comme on s’y attendait ou pas tout à fait.

Je l’ai perçu dans un roman que j’ai lu récemment : l’un des protagonistes n’est pas très bien vu par au moins un personnage apparaissant avant lui ; il est un officier et les personnages qu’on connaît déjà seront bientôt sous ses ordres. Arrive la scène où le protagoniste apparaît. On découvre notamment qu’il a de l’humour et qu’il n’a pas la grosse tête (je crois même qu’il fait un peu d’auto-dérision). On s’attendait plutôt à un chef militaire pas forcément très commode.

Alors, le personnage a tout de suite un gros capital sympathie.

C’est juste un exemple. L’auteur suscite l’intérêt avec un peu d’inattendu.

Il ne semble pas avoir ce qu’il faut pour « mener le combat »

Je pense à Robert Neville dans Je suis une légende (le roman). La scène où il apparaît est la première du roman – qui raconte une histoire de survie dans une ville (déjà) infestée de vampires.

Que fait Robert ? Il regarde le ciel, méthode peu fiable pour savoir si les vampires arrivent ; il fume une clope tout en inspectant sa maison et il se sert un verre d’alcool alors qu’il n’est pas encore midi…

Pour ma part, je ne me serais pas attachée de suite si Robert avait paru très organisé, efficace, avec un mental d’acier – plus hollywoodien quoi, comme dans le film avec Will Smith (qui est médecin, par-dessus le marché).

Mais peu importe ; je voulais juste évoquer le fait que douter, même un tout petit peu, des capacités/ressources intérieures du protagoniste, c’est une bonne raison possible de tourner les pages.

Il a un problème

Un élément problématique peut éveiller la curiosité. Mais si ça commence à devenir plus mystérieux qu’intéressant, il faut peut-être que le lecteur sache de suite, ou rapidement, pourquoi.

Robert Neville a (a priori) un petit problème avec l’alcool. Il en boit le matin. On n’a pas besoin de clarification vu la situation dans laquelle il se trouve. D’ailleurs, ce petit problème ferait plutôt compatir.

Un problème ne crée pas nécessairement de l’attachement. Un autre protagoniste de ma connaissance a également un problème de boisson, mais vu ses responsabilités, ça fait moins compatir à mon avis (et je ne suis pas sûre, mais il me semble qu’il avait déjà ce problème avant que l’histoire commence).

Un « souci » peut-être pas « très grave » sur le moment, laisse juste subodorer des ennuis ou un « combat » plus difficile qu’il en a l’air ou bien simplement un personnage qui n’est pas tout lisse.

Il a une qualité ou compétence admirable

La première scène montrant le protagoniste d’un roman peut révéler sa principale qualité (ou compétence) et la scène peut donner envie d’en savoir plus avec ce quelque chose de très positif. En général, c’est parce qu’en tant que lecteur, on se doute qu’il y a anguille sous roche, non ?

Où est la faiblesse, c’est trop beau pour être vrai, qu’est-ce que le personnage n’a pas vu, ne sait pas, qu’est-ce qui va lui tomber dessus… ??

Autre possibilité, la qualité ou compétence en question n’est pas admirable à proprement parler ; elle crée un contraste avec les personnages apparus jusque-là.

Par ex. quelques personnages dans un monde infesté de zombis sont apparus totalement désemparés. Fuite, peur, pleurs, désespoir. Voilà la première scène avec le protagoniste. Il est différent des autres. Par exemple, avant les zombis, il était prof d’équitation – sans doute un super métier, mais pas « exceptionnel ». Du coup, il se déplace à cheval mieux que personne (à cheval, on dégomme bien les zombis…).

Cette scène d’introduction du protagoniste est « whaou ». Si c’était la scène d’ouverture du roman, ça ne donnerait peut-être pas envie. Parce qu’on n’aurait pas vu à quel point on a besoin de lui/elle, à quel point il/elle prend des risques aussi.

Ce sont juste quelques possibilités auxquelles je me suis intéressée. Notez que ça reste axé sur monsieur/madame tout le monde. Je veux dire, je ne travaille pas de personnages avec des pouvoirs ou des dons. Il y a sûrement plein d’autres choses à étudier avec eux.

5-  Ce qui peut compliquer l’écriture de la première scène avec le protagoniste

Je liste ici les décisions que j’ai pu prendre et qui m’ont (gravement) compliqué la tâche.

a- Essayer d’écrire la scène parfaite du premier coup !

Un auteur ne va vraiment bien connaître son protagoniste que lorsque celui-ci aura traversé diverses péripéties. Il vaut mieux laisser de côté certains détails, continuer d’écrire le premier brouillon et revenir de temps à autre sur la scène, ajouter/modifier des éléments.

La scène d’ouverture d’un roman, mais aussi toute scène où un personnage important apparaît pour la première fois, est sans doute l’une des plus difficiles à écrire. On peut passer et repasser sur cette scène, pour l’améliorer petit à petit.

b- Faire apparaître le protagoniste tout seul

Si c’est impossible, c’est impossible, mais quand le protagoniste n’est pas seul, on peut trouver plus d’opportunités de montrer qui il est.

Bien sûr, les relations définissent en grande partie qui sont les gens, la façon de parler aux autres, se comporter, etc. ; ça dit beaucoup de choses sur un personnage.

Si un personnage est seul quand il apparaît pour la première fois, je trouve que c’est tout de suite plus difficile de bien montrer qui il est.

c- Ecrire une scène où le personnage ne bouge pas

Si le personnage est en mouvement plutôt que statique, c’est probablement moins dur de montrer des aspects importants de sa personnalité, son histoire, ou quoi que ce soit qu’il faudrait mettre en lumière dans la scène. Parce qu’il va agir. Même s’il ne fait rien de transcendant. On voit plus de choses et c’est « vivant ».

Un scène où un personnage est immobile, ça pousse à écrire ses pensées, une introspection.

Un personnage en train de conduire ne peut pas faire grand-chose d’intéressant à part « songer ». S’il n’est pas seul, ça vous pousse à écrire du dialogue et du dialogue…

Que faire d’autre à part écrire un monologue intérieur, avec un personnage qui observe un coucher de soleil ou qui prend un bain ou qui regarde des passants passer… ? Une autre scène, plus tard, pourrait être parfaite pour ça. Mais pour « présenter » le protagoniste, ça fait prendre des risques. Certains contextes nous empêchent de laisser le lecteur se faire son opinion grâce aux actes du personnage.

Ceci dit, des circonstances « en mouvement » peuvent aussi laisser peu de choix, comme marcher… marcher seul sur la plage en admirant le coucher de soleil… 🙂

Sauf bien sûr si ce n’est qu’une petite partie de la scène.

Il y a bien des contextes où un personnage est immobile et la scène n’est pourtant pas ennuyeuse, comme faire un atterrissage d’urgence aux commandes d’un avion. Mais dans cet exemple, c’est peut-être beaucoup de tension pour une première rencontre entre le lecteur et le protagoniste.

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J’ai écrit des scènes « beaucoup trop » – trop de tout, c’est horrible. Mais j’ai aussi un penchant pour les scènes où les personnages sont seuls (particulièrement dans leurs voitures) et après 3000 mots, je me demande pourquoi il ne se passe rien… !!

d- Vouloir tout dire

Quand je lis un roman, je vois bien que je ne sais pas tout sur le protagoniste dès la première scène et ça ne m’empêche pas de m’attacher.

Parfois, je ne connais même pas son âge. J’ignore de quelle couleur sont ses cheveux. Je ne sais pas ce qu’il fait dans la vie. Comment il est habillé. Est-ce qu’il a des enfants ? Des choses qui pourraient paraître importantes « dans la vraie vie » ou qu’on va d’office remarquer, quand on fait connaissance avec quelqu’un, n’apparaissent pas dans un roman – ou apparaissent plus tard.

Quand j’écris une scène où un nouveau personnage apparaît, je lutte encore, pourtant, pour ne pas déballer toute sa vie.

Un lecteur peut apprécier un nouveau personnage en sachant peu de choses sur lui. Et même sans jamais savoir certaines choses tout au long du roman.

En tant que lecteur, on s’en fiche de certains détails.

Quand le premier brouillon est fini, on peut distiller les informations s’il y a des passages trop denses. On peut en supprimer si elles n’ont pas d’utilité.

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