Thèmes d’un roman 2/2

J’ai testé quelques approches permettant de trouver et développer des thèmes pour écrire un roman. Je vais faire le point dans cet article.

Avant cela, j’ai conscience d’écrire parfois des bêtises. Je les corrige au fur et à mesure de mon parcours (je mets à jour des articles). C’est le risque, en touchant à des sujets compliqués. Mais ce sont des sujets qui m’intéressent. Bref, gardez du recul pour le sujet du jour, bien lourd et épineux.

La réalité est également plus complexe que ce que j’écris sur cette page.

  • Il existe d’autres approches.
  • On peut combiner plusieurs des approches présentées ici.
  • On parle d’un travail artistique ; il existe des principes utiles à connaître mais au final, à chacun de voir comment il ressent les choses.
  • En outre, à mesure que vous écrivez, ou une fois qu’une première version de votre roman est écrite, des thèmes peuvent changer, disparaître, être mis en lumière, etc. Comme beaucoup de choses qu’on peut préparer en amont de l’écriture, rien n’est vraiment figé jusqu’à l’étape de la dernière relecture.

Et bien entendu, des auteurs écrivent toute une histoire, un brouillon complet ou « premier jet » ; ensuite, il se dégage un ou des thème(s). Dans cet article, nous voyons surtout comment y réfléchir avant d’écrire une histoire.

1- Explorer un sujet

Vous en êtes au tout début de votre projet. Vous n’avez pas réfléchi à une histoire ou des personnages. Ou à peine. Vous notez des idées. Vous souhaitez d’ores et déjà réfléchir à un ou des thèmes.

Cette approche consiste à poser des questions autour d’un sujet. Un sujet peut générer de très nombreuses questions. On les note d’abord librement. On peut faire des recherches, lire des ouvrages, regarder des documentaires… On peut retravailler une question a priori intéressante, la reformuler…

Si une question vous interpelle, vous fait vibrer, vous obsède, vous « parle », alors vous tenez peut-être le thème de votre roman.

Un sujet génère des questions

Un thème n’est pas un sujet dans le sens où un sujet ne provoque pas d’émotions mais un thème peut en provoquer. Prenons par ex. le sujet « la séparation ». C’est un peu froid et vague pour susciter une émotion.

Prenons maintenant une question possible relative à ce sujet : « Comment deux personnes qui se sont aimées peuvent-elles en arriver à se haïr ? ». Ça remue un peu plus que « la séparation » ; ça ressemble plus à un thème.

Tout peut être un sujet.

  • Certains sujets semblent particulièrement générateurs de « grandes questions existentielles » : l’amour, la mort, le deuil, le secret, le mensonge, la vengeance, la maladie, la résilience, la foi, la vieillesse, la guerre, la violence, la survie, le bonheur, l’abandon, le pardon…
  • Il y a des sujets qu’il faudra peut-être explorer avec précaution, pour générer des questions susceptibles de toucher émotionnellement des personnes : l’écologie, la dictature, le féminisme, un fait / un personnage historique, un phénomène de société…
  • Des sujets semblent d’emblée orienter le travail d’exploration vers certains genres littéraires (mais parfois, c’est juste une impression) : le sport, la sexualité, la bioéthique, la réalité virtuelle, la vie extraterrestre, l’immortalité, l’intelligence artificielle, un phénomène paranormal…
  • Certains sujets très « vastes » peuvent être difficiles à explorer (mais ça dépend de chacun) et il faut peut-être commencer par réduire le champ des possibles : l’art, la science, la beauté, le voyage, le passé, le futur, la spiritualité, la religion, les droits de l’homme, l’inconscient…
  • On peut tout à fait s’intéresser à des sujets relativement spécifiques aussi : mai 68, le divorce, l’autisme, le harcèlement, la maltraitance, la rumeur, la confiance en soi, l’adolescence…

Les questions dépendent de nous

Nous nous posons, plus ou moins, tous les mêmes questions à propos de certains sujets. Ces questions « communes » génèrent des thèmes « transcendants » qui concernent « toute l’humanité ». Par exemple, donnons à un groupe de 100 personnes la consigne de lister toutes les questions qui leur viennent à l’esprit, pendant trois minutes, à propos de « la mort » : il est fort probable que nous trouvions dans toutes les listes ou presque, quelques questions similaires.

Mais des personnes vont poser au moins une question qu’on ne trouvera pas sur les autres listes. Le vécu de chacun, la sensibilité, les centres d’intérêt… nous font explorer des sujets différemment.

Certaines questions sont susceptibles de parler à un grand nombre de personnes ; d’autres sont a priori plus spécifiques ; elles peuvent pourtant toucher des gens.

Tout le monde ne peut pas être sensible aux mêmes questions et c’est normal.

Je dirais qu’il faut choisir ce qui parle « aux tripes ».

Toutes sortes de questions peuvent être « profondes » pour générer un thème de roman

Des romans racontent des histoires qui posent des questions relativement « précises ». Par ex. Et s’il y avait une vie après la mort ? est une « grande et vaste question », tandis que Et si nous connaissions le jour et le lieu de notre mort ? est une question a priori plus exclusive. Pourtant les deux questions font des thèmes de romans. Souvent, pas toujours, une question plus exclusive exclut des genres littéraires. Par ex., une histoire dont la grande question serait Et si nous connaissions le jour et le lieu de notre mort ? relèvera probablement de la science-fiction, tandis que des romans de divers genres littéraires posent la question Et s’il y avait une vie après la mort ? 

Une histoire peut soulever une question a priori « simple », par ex. Le bonheur ne serait-il qu’un idéal de l’imagination (=et si le bonheur n’existait pas) ?* ou compliquée, du genre Peut-on se soustraire au temps ?** 

Ces exemples sont des questions de philosophie, mais un roman peut soulever une question relative à la condition humaine sans qu’elle soit une « question philosophique ». Par ex. Et si le capitalisme était voué à disparaître ?*** est une question relative à un régime économique et social.

Mais d’une part, « le capitalisme » concerne pas mal de gens sur cette planète ; d’autre part, on sent que ça va toucher à des aspects fondamentaux de la vie humaine. PS : j’avoue que l’exemple est délicat, disons que tant que l’auteur ne défend / ne dénonce pas une idéologie à travers sa fiction, ça reste un thème.

Cela dit, il se peut qu’en explorant un sujet, on obtienne une question qui nous fait partir dans la mauvaise voie.

N’importe quelle question ne fait pas un thème de roman

Evidemment, mais il faut le préciser. Proposons le sujet « le sport » à trois personnes. Elles explorent le sujet et finissent par choisir une question de leur liste :

  • Paul se demande Et si notre plus grand adversaire n’était autre que nous-même ?
  • Jean se demande Pourquoi certains sports sont-ils perçus comme plus masculins ou plus féminins ?
  • Pierre formule la question Le golf est-il vraiment un sport ?

On sent que les deux premières questions (même si elles pourraient être retravaillées), peuvent faire l’objet d’un thème pour un roman. On voit mal qui que ce soit être un tant soit peu remué émotionnellement par la troisième question. Pierre a envie d’écrire une histoire qui se passe dans le milieu du golf, mais il n’a pas trouvé de thème.

Thème majeur et thème(s) secondaire(s)

Les romans ont rarement un seul thème à proprement parler. Un thème secondaire est « en lien » avec le thème principal ; on peut « sentir » qu’il vient lui donner de la force. En tout cas, un thème secondaire n’éloigne pas un lecteur vers d’autres questions n’ayant rien à voir avec « la grande question qui donne son sens à l’histoire ».

Un thème est secondaire parce qu’il occupe moins de place dans l’histoire.

Comment un thème occupe-t-il beaucoup ou peu de place dans une histoire ?

Il y a vraiment plein de façons d’envisager la problématique. Quelques exemples, juste pour se faire une meilleure représentation :

  • Ce qui peut « véhiculer » le thème majeur de l’histoire en littérature comme au cinéma : l’évolution « intérieure » du personnage qui fait le plus avancer l’intrigue entre le début et la fin – l’évolution de la relation entre deux personnages centraux – les aspects du conflit qui sous-tend l’histoire (protagoniste / antagoniste) – un ou des « effets miroirs » (de toutes sortes, on verra des exemples)…
  • Ce qui peut faire apparaître des thèmes secondaires dans les histoires : l’évolution d’un personnage secondaire – la relation entre le protagoniste et un personnage secondaire – certains échecs / certaines victoires du personnage le plus important (ou d’un autre) – une histoire secondaire…

Et plein d’autres procédés, qu’on peut essayer de déceler dans des films ou des romans pour y voir plus clair !

2- Travailler à partir de l’opposition protagoniste/antagoniste

La situation est très différente maintenant : vous tenez déjà une idée d’histoire (vous avez un conflit) et vous dégagez un thème à partir de là.

Un thème majeur peut se dessiner quand on connaît le but du personnage le plus important de son histoire et ce qui va s’opposer à ce but. Ceci ne fonctionne pas pour toutes les histoires ou peut demander de développer un peu (quelles sont les motivations, quels sont les enjeux…).

Je vais utiliser un exemple simplet mais qui illustrera l’approche.

  • Paul (protagoniste) découvre un moyen de voyager dans le passé ; il veut en profiter pour changer un événement de sa vie (but) car il pense que sa vie a été gâchée par cet événement (motivation).
  • Pierre (antagoniste) suit secrètement Paul dans le passé pour l’en empêcher (on ignore sa motivation à ce stade du travail).

Mille personnes peuvent étudier ce « conflit » et on aurait sûrement au moins mille questions différentes. Sans trop réfléchir : Peut-on rater sa vie ? Si on pouvait changer le passé, le ferions-nous ? Comment accepter un événement aux graves conséquences qu’on ne peut plus changer ? Le bonheur des uns fait-il forcément le malheur des autres ? 

Bref, avant d’aller trop loin dans le développement de l’histoire, l’auteur veut réfléchir à un thème majeur. Ainsi, il peut éventuellement éviter d’écrire « une histoire de voyage dans le temps » et partir dans un projet dont il connaît/subodore déjà le sens profond.

3- Développer un thème avec l’évolution (intérieure) du protagoniste

Vous avez vaguement ou clairement une histoire ; surtout, vous avez un protagoniste. Vous développez ce personnage, c’est-dire qu’au-delà de ses qualités, défauts, etc., vous travaillez sur son évolution au cours de l’histoire. Vous avez une vision de la différence entre le début et la fin. Ceci dans le cas où vous faites le choix d’un protagoniste qui va changer.

Il y a globalement trois grands cas : le protagoniste évolue « bien » (cas le plus courant), le protagoniste évolue « mal » et le protagoniste n’évolue pas. Cette approche peut être intéressante quand on a un protagoniste qui évolue (« bien » ou « mal »).

Définissons cette évolution. Le personnage majeur qui fait avancer l’histoire connaît (assez souvent dans la littérature et au cinéma), une forme de changement positif entre le début et la fin de l’histoire. La plupart du temps, il s’agit d’un personnage qui se ment à lui-même sans en avoir conscience. C’est lorsque vous lisez un roman et que vous avez envie de dire à ce personnage mais réveille-toi, ouvre les yeux, arrête de te voiler la face, change…

Comme tout être humain, le personnage a une certaine vision de la vie. Il se prend une claque, une série de claques ou la claque de sa vie… Au dénouement, parfois avant, sa vision de la vie a changé.

Prenons un exemple. Au début de l’histoire, Jean-Pierre est convaincu que toutes les femmes n’en veulent qu’à son argent. Cent mille mots plus tard, Jean-Pierre est amoureux de quelqu’un qui l’aime. Donc Jean-Pierre a changé intérieurement en cours de route.

On peut aussi imaginer que Jean-Pierre, au début de l’histoire, aime et est aimé sincèrement. On peut ne pas être d’accord, mais ce qu’il croit semble « normal » ou du moins « bon pour lui » : il croit en l’amour. Cent mille mots plus tard, on voit Jean-Pierre quitter la femme qui l’a aimé au motif qu’elle ne s’intéresserait qu’à son argent. Il a changé et a priori une majorité de personnes ressentiraient cette nouvelle vision des choses comme « mauvaise ». Un roman sans doute plus sombre que l’autre.

Dans les deux cas, des questions pour dégager un sens à l’histoire peuvent être posées à partir de plusieurs éléments, ce qui pousse le personnage à changer dans l’histoire, la vision de la vie du personnage au début ou celle de la fin, à partir de la relation entre le personnage et l’antagoniste qui est en lui-même (c’est un conflit de type « combat contre soi-même », mais l’approche fonctionne aussi avec un personnage antagoniste), etc.

4-Deux visions de la vie (ou valeurs ou convictions) s’opposent

  • Vous avez commencé à travailler sur une histoire/des personnages.
  • Vous avez un protagoniste qui ne va probablement pas changer intérieurement.
  • Vous avez un antagoniste qui est un personnage.

Vous n’avez pas l’intention de faire changer votre protagoniste. Il est donc impossible de travailler un thème à travers son « évolution intérieure ». Vous allez écrire une histoire dans laquelle ce sont les autres, quelques autres, quelqu’un d’autre, le monde, le monde dans lequel il vit, la situation… qui doit changer. Quelque chose doit changer, sinon il n’y a pas d’histoire à raconter.

Si l’antagoniste est un personnage, lui aussi il a une certaine conception de la vie et logiquement, puisqu’il est l’antagoniste, elle n’est pas « bonne ». Traditionnellement, sa vision s’oppose à celle du « héros ». Dans cette opposition, un thème peut apparaître.

Prenons un exemple. C’est l’histoire d’un guerrier qui va sauver le Royaume des griffes du Grand Méchant Sorcier. Grand Méchant Sorcier a forcément un problème dans sa tête pour être aussi méchant. Disons qu’il se réjouit de la souffrance d’autrui. Disons que c’est parce qu’il a beaucoup souffert dans son enfance (il vaut mieux déterminer pourquoi, même si ça n’apparaîtra jamais dans l’histoire). Donc au lieu d’avancer dans la vie, Grand Méchant Sorcier la passe à se venger sur des innocents.

Disons qu’il croit (sans en avoir conscience) que faire souffrir évite de souffrir. C’est sa vision de la vie. On va mettre ça en miroir avec ce que croit le protagoniste – quelque chose de très différent voire l’exact inverse – comme aider les autres rend heureux – rappelons que le protagoniste n’a pas besoin de changer, il va « faire changer les choses » : sa vision de la vie est a priori « bonne » voire « admirable ».

A vous de voir quelle question fondamentale relative à la condition humaine peut apparaître avec l’opposition de deux visions/valeurs/convictions. Par exemple pour l’histoire du guerrier contre Grand Méchant Sorcier :

Attention, ces questions paraissent très « positives » ; il est néanmoins possible d’écrire une histoire sombre comme la mort.

5-Les grands échecs du personnage central de l’histoire

  • Si votre antagoniste n’est pas un personnage (c’est un combat contre soi-même, ce sont « les » extraterrestres, « les » zombies, la nature hostile, une tempête…) ;
  • (et/ou) si votre protagoniste ne connaît pas d’évolution intérieure ;
  • Sinon pour toutes sortes d’histoires, c’est un procédé relativement courant pour faire apparaître un thème ou plusieurs dans un roman.

Les échecs les plus cuisants (du personnage le plus important d’une histoire) sont ceux dont les conséquences sont les plus dramatiques sur sa vie. Dans la vie, ce genre d’échecs est celui qui permet d’apprendre et d’avancer le plus – ou de stagner et être malheureux si on ne se relève pas. Même principe dans les romans.

Ces échecs conséquents sont une façon possible de dégager des thèmes pour son roman. Les victoires aussi, par ailleurs, ainsi que « l’effet miroir » victoires/échecs – du protagoniste ou bien du protagoniste et de l’antagoniste.

Si vous travaillez sur votre thème majeur, il s’agit de planifier les principaux échecs du/des personnages majeur(s). Si l’histoire est déjà structurée, voire écrite, il s’agit alors d’étudier ces échecs et s’assurer qu’ils soutiennent le thème majeur ou alors, ils véhiculent des thèmes secondaires et le tout est cohérent.

Imaginons le thème suivant : et si l’argent pouvait faire perdre la raison ? (ou quelque chose comme ça). Quelque part dans l’histoire, mon protagoniste (subitement devenu riche) pourrait acheter une villa luxueuse, organiser une incroyable soirée pour la pendaison de crémaillère, boire trop de champagne, flirter avec une invitée et découvrir, le lendemain matin, que sa femme est partie.

Il a commis une erreur, c’est un « échec » (à noter qu’un personnage peut aussi subir un échec alors qu’il avait agi comme il le fallait). Ça colle à mon thème majeur : l’argent lui a fait perdre la tête.

Si vous préférez utiliser les échecs de votre protagoniste pour dégager des thèmes secondaires (ou certains échecs), il s’agit de planifier ou passer en revue les échecs et de vous assurer qu’ils n’évoquent pas des thèmes sans rapport avec votre thème majeur et/ou qu’ils ne vous fassent pas partir sur un grand nombre de thèmes différents.

Par exemple, pour l’histoire dont le thème majeur est et si l’argent pouvait faire perdre la raison :

  • Je suis rassurée si les grands échecs du personnage central évoquent des questions telles que : peut-on gagner énormément d’argent sans écraser personne, souffre-t-on moins d’être pauvre en n’ayant connu que la pauvreté, peut-on acheter n’importe qui avec de l’argent ? D’autres questions moins directement « reliées » pourraient aussi convenir ; l’idée est que tout ceci vient alimenter le thème principal.
  • Mais si, en étudiant les grands échecs de mon personnage central, je me rends compte que ceux-ci soulèvent des questions telles que : et si l’amour rendait aveugle, et si le bonheur n’existait pas, et si nous étions trop dépendants des technologies, et si la mort n’était qu’un passage… Il y aurait un problème de « cohésion thématique » dans mon histoire ; ça part dans tous les sens.

6-Les grands tournants de l’histoire

  • Si un auteur structure avant l’écriture, les grands tournants de son histoire peuvent lui permettre de déterminer au moins un grand thème pour son roman. 
  • Si un auteur a déjà écrit un manuscrit, il peut faire une carte/liste des grands tournants ou moments forts, et voir ce que ça donne au niveau du « sens profond » (au-delà des faits).

On regarde ce que disent ces moments clés « dans le fond ». Le début, la fin d’un acte, mais aussi pourquoi pas, le « grand moment révélateur » de personnage x ou y, ainsi que les moments forts propres à l’histoire, la mort de Machin, le départ de Truc, le voyage vers la planète Chose, les retrouvailles de Truc et Machin…

Que voyez-vous au-delà des événements ? Est-ce que ces grandes étapes de l’histoire posent des questions plus ou moins liées ? Est-ce que ça semble « proposer quelque chose de plus grand que l’action » ? Ou est-ce que ça ne dit strictement rien ? Ou plein de choses à la fois ?

Les événements majeurs que vous décidez d’inclure dans votre histoire peuvent être extrêmement différents les uns des autres. Avec cette approche, le but du jeu est de préparer ou déceler (et éventuellement effectuer des changements au moment des révisions du manuscrit) une certaine cohérence thématique.

Exemples :

  • il semble que ça soulève des questions autour de la perte, l’abandon, le renoncement et l’espoir…
  • cette histoire pose apparemment des questions autour de l’abnégation, la lâcheté, la loyauté et le don de soi…
  • on sent que l’enchaînement de péripéties fait des propositions autour de la persévérance, la réussite et l’échec…

7-Le point culminant pose/révèle la grande question

Vous préparez ou écrivez une histoire qui, juste avant le dénouement, prendra une  tournure inattendue (rebondissement de dernière minute).

Il y a des romans avec lesquels, en tant que lecteurs, nous « sentons » un thème ou plusieurs tout au long de l’histoire, et c’est au point culminant qu’une sorte de proposition se révèle – généralement avec un procédé de twist final.

Imaginons l’histoire d’un groupe de voyageurs perdus dans la jungle. Ils meurent mystérieusement les uns après les autres (l’auteur envoie le lecteur sur une fausse piste). Au point culminant, le lecteur découvre que c’est un des membres du groupe qui tuait les autres.

C’est une révélation majeure du point culminant qui bouleverse l’histoire. Cette révélation change ce que le lecteur pensait jusque-là, à propos de l’intrigue concrètement, parfois à propos d’un personnage ou un autre, protagoniste, antagoniste, personnage secondaire… et généralement, c’est accompagné d’un changement de perception du thème principal.

Même si, dans ce cas, une histoire semble souvent « prendre parti » pour une idée, tout à coup, un lecteur est toujours libre de ressentir ce qu’il veut (ou ne rien ressentir) ; un lecteur peut être touché par un autre thème que le thème principal du roman ; un lecteur peut passer à côté de ce qui est questionné/suggéré à travers une histoire tandis qu’un autre va en rêver la nuit tellement ça l’aura touché…

—–

J’essaierai de retrouver des sources. Ceci est le résultat de nombreuses heures de recherches voire d’errances, suivies de longues semaines à essayer de m’approprier des principes et à me forger mon ressenti. Je n’ai pas noté de sources particulières et elles sont vraiment nombreuses. Pour l’essentiel des blogs d’auteurs (indépendants ou non) anglophones. Globalement, deux choses me retiennent dans la blogosphère anglophone (qui n’a certes pas que du bon et on trouve bien des perles en français). 1) L’autoédition en est à un tout autre stade que chez nous et de ce fait, vous ne voyez pas de guéguerres entre les uns et les autres. C’est un autre monde. Pour moi, c’est juste agréable. 2) Il règne une espèce d’humilité qui me fait du bien et en France, je trouve qu’écrire un roman ça fait toujours trop « domaine sacré ».

—–

* D’après Fondements de la métaphysique des mœurs, Emmanuel Kant.

** Vieux sujet de bac philo !

*** Comme le suggérait Karl Marx.

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