J’ai fini de lire Sleeping Beauties de Stephen King

Je vais partager mon expérience de lecture du dernier Stephen King (et Owen King), sans dévoiler quoi que ce soit qui gâcherait la vôtre.

Mais cet article comporte quelques petites infos sur l’histoire, pas possible de faire autrement.

Si je devais choisir deux mots pour résumer mon expérience, je dirais : too much !

L’histoire de Sleeping Beauties

81EwZTk7nTLSleeping Beauties de Stephen et Owen King (un de ses fils) raconte l’histoire d’un étrange virus qui fait s’endormir peu à peu toutes les femmes sur Terre.

Certaines essaient de résister avec du café ou des médicaments. Quand elles ne tiennent plus, elles se retrouvent enveloppées dans des cocons. Si jamais vous essayez de réveiller votre femme, fille, mère… , elle n’est plus elle-même et mieux vaut ne pas rester dans les parages…

L’histoire se passe dans la ville américaine (fictive) de Dooling, située dans une (vraie) région culturelle appelée Appalachia – connue pour être une région pauvre où la drogue fait des ravages.

Eve Black, qui ne dort pas et qui a des pouvoirs surnaturels, détient peut-être le secret du virus appelé « Aurora ». Après avoir tué deux hommes et détruit leur petite fabrique de méthadone, elle échoue dans la prison pour femmes de Dooling.

A mesure que les femmes s’endorment, différents camps se forment parmi les hommes pour tenter de trouver une solution.

Ce roman ne ressemble pas tout à fait à Stephen King. Normal, il y a deux auteurs. Je ne suis pas déçue par ça. Je comprends néanmoins que les grands fans qui ont absolument tout lu de Stephen King puissent être déçus, très déçus parfois.

Pour dire simplement ce que je ressens, ce roman essaie d’être un peu intello et ça ne marche pas.

Comme je vais me plaindre un peu, je précise d’abord que toute la première moitié de Sleeping Beauties est prenante à souhait. Vous aimez les petites villes frappées par la catastrophe à la Stephen King, vous vous régalez !!

On bascule soudainement dans autre chose à la seconde moitié, et le côté fantastique est beaucoup plus présent. Bon, moi, les animaux qui parlent, ça m’a complètement rebutée. Je suis sortie de l’histoire (entre autres raisons). J’ai eu du mal à y revenir.

J’y suis revenue, mais l’emballement du début n’était plus là.

Oublions le thème…

C’est tout bonnement impossible d’oublier le thème, mais ce roman raconte une bonne histoire et en ce qui concerne le sens, les grandes questions que pose l’histoire – dont la principale ressemble à peu près à : le monde ne tournerait-il pas plus rond si les femmes prenaient les choses en main ?je suis vraiment très déçue, alors j’essaie d’oublier…

Dans Sleeping Beauties, la plupart des hommes sont de vrais connards, des brutes, des violeurs, des coléreux qui ne se maîtrisent pas, des sexistes, des cachottiers ou des menteurs, de mauvais maris, des vicieux dégoûtants.

Les autres sont des alcooliques ou des drogués.

La plupart des femmes sont des victimes, de remarques déplacées au meilleur des cas, sinon de maltraitances, abus sexuels et mauvais maris. Quasiment tous les personnages féminins du roman ont souffert au moins une fois dans leur vie de la bêtise ou de la brutalité d’un homme, ou bien on le voit se produire dans l’histoire.

Les mecs bien, ou à peu près, doivent parfois être comme rappelés à l’ordre ; leur nature de gros mufle ou de macho a tendance à surgir, de temps à autre.

Si jamais vous ne comprenez pas le message, une sorte de fond biblique détourné vient le souligner, sans plus de subtilité que tout le reste.

Pour moi, l’idée de base (qui viendrait d’Owen King), est très intéressante. Et je trouve des passages où je me dis « ouiii, c’est tellement bien vu, tellement vrai ! ».

Dans l’ensemble, c’est surtout tellement stéréotypé que je passe mon temps à essayer d’oublier le thème du roman.

Je passe de bons moments, et j’adore l’écriture. Mais finalement, je referme le livre avec l’impression d’avoir lu une espèce de métaphore biblique inversée qui essaie de faire passer un message un chouïa politique sans la moindre finesse, plutôt qu’un roman fantastique. Bon, c’est leur façon de toucher à ces sujets, c’est leur choix.

Ça ressemble à une dénonciation des violences contre les femmes. Pour moi, c’est raté.

Je devrais longuement étudier le roman pour parvenir à expliquer pourquoi. Je peux juste dire qu’à plusieurs reprises, je me suit dit Mais arrêtez, ça se voit que c’est écrit par des hommes ; vous voulez que je vous dise merci pour suggérer que les femmes sont meilleures ? Vous connaissez le dos de la cuillère ?

J’ai parfois cette impression que c’est démago.

En tout cas, ça me fait sortir de ma lecture.

Trop long, trop de personnages

Le site que je consulte parfois pour connaître le nombre de mots de certains romans (readinglength.com) – pour me rendre un peu compte de la longueur de ce que j’écris moi-même – estime qu’il y a plus de 220 000 mots dans Sleeping Beauties. Ce n’est pas le plus long roman de Stephen King ; par contre, de nombreux passages m’ont paru inutilement détaillés ou totalement inutiles.

Je suis sûre que j’ai eu cette impression parce que les personnages sont trop nombreux et ceux qui sont super bien développés, je ne comprends pas pourquoi ils sont développés comme ça ; ça n’éclaire pas les choses.

Normalement, j’adore toutes ces petites histoires personnelles, mais je me suis vite lassée. On dirait qu’elles ne sont là que pour apporter du réalisme à l’histoire principale.

Assez rapidement, vers le début, je perds le fil avec les personnages. De nouveaux personnages apparaissent non-stop, jusque bien après le milieu du roman. A la fin du livre, vous avez une liste des personnages. J’en ai compté soixante-douze.

Je conçois que tous ces personnages participent au réalisme de l’histoire. J’apprécie beaucoup cet ancrage dans la réalité de cette région de laissés pour compte. Tout l’aspect relationnel, est formidable dans ce roman, les relations de couples, parents et enfants, voisins, collègues… Mais concrètement, ce défilé de noms complique la lecture, ce défilé de détails à propos de personnages qui ne sont pas importants est usant et pour moi, il n’y a aucun personnage auquel s’attacher un peu plus que les autres.

Ni chez les hommes, ni chez les femmes.

Pour conclure

Stephen et Owen King m’ont embarquée dans leur folle histoire fantastique pleine de rebondissements, saupoudrée d’horreur (mais pas trop), avec un puissant ancrage dans la réalité, notamment de cette région Appalachia, et des personnages plus vrais que nature. Top.

Je pense et penserai jusqu’à ma mort que Stephen King est un génie.

Mais pas pour défendre les femmes, ou je ne sais même pas ce qu’il a voulu faire, tiens, mais ça ne m’a pas plu du tout.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

2 réflexions sur “J’ai fini de lire Sleeping Beauties de Stephen King

  1. Hiéra dit :

    Dans « Écriture : mémoires d’un métier », King explique que dans son processus « normal » d’écriture, il ne cherche son thème qu’après avoir écrit son premier jet : il l’identifie dans son premier jet et le renforce seulement ensuite.
    Comme il n’a pas travaillé seul sur ce roman, ils ont peut-être choisi le thème des violences faites aux femmes comme point de départ au lieu de partir de l’histoire, ce qui expliquerait le côté « forcé » et maladroit que tu as l’air de décrire…
    (Si ça vous intéresse, je viens justement d’écrire un article sur « Écriture : mémoire d’un métier », et sur le traitement des thèmes par Stephen King^^ : https://wp.me/p9PFd0-13)

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    • Mariella dit :

      Oui ça ne m’étonnerait pas si ça venait de là. Aussi je me suis dit, comme il fait un peu de politique ou en a fait, peut-être qu’il a voulu « politiser » un peu le roman. Je vais regarder l’article !

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