Que faire quand on n’a plus le temps d’écrire son roman ?

Même avec une bonne organisation et une gestion du temps au top, parfois, vous n’avez pas le temps d’écrire votre roman.

Vous n’avez plus d’heures de libres aux moments où ça vous convient le mieux pour écrire ou à des moments suffisamment calmes.

Il y a des sacrifices que vous ne pouvez ou voulez plus faire, de nouvelles priorités, ou du chaos momentané dans votre vie.

Bref, ça devient concrètement impossible d’écrire.

Je partage mon expérience de pause forcée pendant 2 mois. 2 mois, quand vous écrivez un roman, c’est une éternité, franchement !!

Au tout début, en voyant que ça devenait impossible, j’avais une peur presque panique de ne plus jamais pouvoir/vouloir m’y remettre, de perdre le goût d’avancer dans l’histoire, d’avoir fait tout ça pour rien…

Mais non. L’envie est toujours là !

Je suis extrêmement organisée, j’ai tout un système de planification et procédures de planification et agenda en ligne, papier, notifications, etc.  Le système n’a pas déraillé (ça peut arriver). C’était simplement impossible, ces deux derniers mois, d’inclure mon roman (et ce blog) dans le système.

D’abord, je me suis vite fait une raison, sinon j’allais déprimer. Donc peu à peu, le roman est sorti de ma tête.

Pour ma part, je pense que c’est mieux que d’y songer tous les jours.

Ensuite, je ne me suis pas donné de date pour m’y remettre.

Si vous êtes dans le même cas que moi, vous pouvez peut-être estimer, fixer une date ou une période pour recommencer à écrire. Je voulais le faire, mais je me suis dit que ce n’était pas réaliste et puis si je fais ça, je ne vais faire que penser à cette date et donc penser à mon roman que je devrais être en train d’écrire… Je crois que ça peut rendre fou.

Enfin, j’ai fait un rapide topo de ce dont j’ai besoin pour écrire, en termes de temps.

J’ai besoin d’au moins une heure, mais 3 heures est plus réaliste, au calme et de préférence le matin.  J’ai également besoin de planifier, de savoir que tel jour, telle heure, je vais écrire.

Je n’arrive pas à improviser mes moments d’écriture, caser une à trois heures dès que l’occasion se présente. De toute façon, il n’y avait pas d’occasions pendant ces 2 mois.

Aujourd’hui, je commence à planifier la suite pour m’y remettre en septembre. Ce faisant, je réalise que je n’ai pas du tout perdu l’envie, la motivation ; c’est toujours là et je parviens même à trouver des conséquences positives à la pause forcée !

J’ai la possibilité de remettre de l’ordre dans mon histoire

Pour moi, arrêter d’écrire ce roman a cassé le rythme (j’écrivais quasiment tous les jours). Casser le rythme me faisait très peur, quand j’écrivais, j’avais peur de ne plus vouloir ou pouvoir m’y remettre si j’arrêtais trop longtemps.

Mais ce n’est pas le cas. Il y a une sorte de détachement affectif, maintenant. Je suis sortie de l’histoire, je retrouve mes personnages : je ne me sens plus connectée comme avant.

C’est une bonne chose. Je vais profiter de ça pour « bricoler » avant de me remettre à écrire. Si je suis trop absorbée par l’écriture, j’ai beaucoup de mal à faire autre chose. Le peu de temps que j’ai, je le consacre à « produire du texte ». Quand j’étais absorbée par l’histoire et obsédée par le fait de terminer un premier brouillon, je ne prenais pas le temps de mettre ma structure à jour, préciser le profil des personnages principaux, reprendre mes notes tranquillement, et faire toutes sortes de choses qui me sont nécessaires.

J’ai déjà commis cette erreur avec mon premier roman. Donc, je ne le voulais pas et je n’aurais jamais cru écrire ça un jour, mais c’est bien d’avoir arrêté.

Un peu détachée de mes personnages, je peux sereinement les retravailler sur mon carnet de notes et retravailler l’intrigue, sans cette envie irrépressible d’écrire, écrire, écrire. Je profite du fait qu’elle n’est pas encore revenue. Elle va revenir quand je vais me remettre à écrire.

Je peux me réorganiser

Deux mois sans écrire son roman, ça donne du recul pour voir comment on était organisé, qu’est-ce qui marchait, ne marchait pas…

Avec le recul, je vois :

  • que certaines semaines, je passais plus de temps à préparer des articles pour ce blog qu’à écrire mon roman !! Donc ça, je dois arrêter. Je trouverai une nouvelle façon de fonctionner.
  • que le meilleur moment pour écrire, pour ma part, c’est très tôt le matin. Et ce n’est plus possible . Donc, je vais réorganiser également les moments pour écrire.
  • que si j’écris tous les jours ou presque, je deviens obsédée par mon roman et je peux sacrifier beaucoup de choses. Donc, je pense que je ne vais plus écrire comme ça, tous les jours, mais plutôt certains jours précis.

J’ai pu faire des bêta-lectures

Je me suis portée volontaire pour deux bêta-lectures de premiers romans. C’est quelque chose que je voulais vraiment faire et c’est impossible, pour moi, de le faire en parallèle à l’écriture de mon propre roman.

Par ailleurs, je me rends compte que quand je lis des romans (publiés), ça me « perturbe » quand j’écris, plus que ce que je pensais.

Me connaissant, je pense que si j’avais écrit et fait des bêta-lectures en même temps, je serais tombée dans la comparaison et j’aurais probablement fait un complexe d’infériorité à chaque fois que je trouve quelque chose de bien, et pensé aux problèmes de mon propre  roman à chaque que je trouve quelque chose de moins bien.

Là, c’est juste une super expérience, ça ne m’a pas plombée mais remotivée, je ne suis pas tombée dans le piège de la comparaison, je l’ai fait avec plaisir en oubliant mes propres problèmes de manuscrit.

Je suis devenue plus réaliste

Parfois, on n’a pas le temps. On ne peut pas l’inventer, il n’y en a pas.

Pendant longtemps, je ne supportais pas cette idée. J’étais même d’accord avec les gens qui disent que si tu ne peux pas écrire, c’est que tu n’es pas assez motivé.

J’ai changé d’avis.

La vie n’est pas arrangeante. Ecrire un roman demande énormément de temps et être obligé d’arrêter momentanément, ça fait partie des possibilités.

Maintenant, je vais tenir compte de la réalité. C’est possible de devoir arrêter quelque temps.

Ce n’est pas grave. Ce n’est pas la fin. On ne perd pas systématiquement l’envie de reprendre le manuscrit.

Il y a même des conséquences positives !!

9 réflexions sur “Que faire quand on n’a plus le temps d’écrire son roman ?

  1. Hiéra dit :

    D’abord merci infiniment d’avoir acceptée d’être bêta-lectrice pour mon roman ! Je vais culpabiliser là…
    Je pense que le précepte « si tu ne peux pas écrire, c’est que tu n’es pas assez motivé » est totalement vrai. Sauf que ce précepte ne précise pas que c’est une question de priorité : oui si tu es assez « motivé », tu peux écrire, même si ça implique de ne pas s’occuper de tes enfants, ou d’un conjoint malade, ou de ne pas travailler, ou de ne plus avoir de vie sociale, ou de ne plus dormir, etc.. Et il y a sans doute des gens pour lesquels l’écriture est plus prioritaire que leur vie familiale par exemple, mais je ne pense pas qu’on puisse reprocher quoi que ce soit aux autres… Une fois qu’on a déterminé que ce qui prend notre temps d’écriture est réellement pour nous plus important que l’écriture, dans ce cas, il n’y a plus de raison de culpabiliser…
    Et je ne pense pas qu’il y ait de mal à s’arrêter, le mantra « écrire tous les jours » est une bonne motivation, mais ça ne doit pas devenir une prison non plus… Mais forcément, je suis biaisée, j’ai écrit mon premier roman en sprints d’un mois par ci, un mois par là…

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    • Mariella dit :

      C’est vraiment un grand plaisir de faire cette bêta-lecture et de lire cette histoire, dont je veux savoir la fin !!

      Je pense que si on peut éviter de s’arrêter trop longtemps, il vaut mieux. Mais ça peut être positif, pour moi ça l’est.

      Personnellement, j’étais toujours très motivée mais je ne pouvais pas trouver de temps. Sauf la nuit. Je peux sacrifier beaucoup de choses mais je dois dormir 🙂

      J’ai presque fini ton roman, ce week-end sans doute !

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  2. pierforest dit :

    C’est énorme de vouloir écrire 2 à 3 heures à tous les jours, surtout si en plus il y a un travail à plein temps. Il y a des auteurs prolifiques qui arrivent à tenir ce tempo d’enfer. Je me souviens avoir lu que le premier roman de Michael Crichton (Urgence) avait été écrit en un weekend. Complètement fou.

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    • Mariella dit :

      Il y a le premier jet qui peut être terminé très très vite, oui. Dans ce cas n’oublions pas que c’est un gros brouillon moche qu’il faut beaucoup retravailler. Même pour Crichton ou tout autre auteur. C’est un processus qui marche bien pour certains !

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  3. Béatrice dit :

    Bonjour Mariella, Comme il m’est agréable de vous lire. J’écris pour le théâtre depuis 2011. Il m’a fallu cinq ans pour écrire ma première pièce, avec cette impérieuse nécessité de la précision. Heureusement, un peu plus tôt, j’avais lu que l’écriture de « L’atelier » de Jean-Claude Grumberg avait également duré cinq ans. Alors, tout sentiment négatif, invalidant s’est effacé. Certains auteurs écrivent des pièces en trois semaines, deux ou six mois. J’ai deux autres pièces qui « mijotent ». Je laisse le temps au temps. Je vous confirme que s’arrêter d’écrire pendant un certain laps de temps permet une respiration, souvent une mise en place. L’écriture est une alchimie, une expérience personnelle, intime. Je vous remercie de partager vos idées, vos questionnements, les détails de votre organisation sur votre expérience d’écrivaine. BM

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    • Mariella dit :

      Je suis obligée de faire un « état des lieux » avant de m’y remettre. Mais bon, ça ne fera pas de mal à l’histoire, il y a quelques problèmes, je ferais mieux de m’y attaquer avant de trop avancer.

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